mardi 22 janvier 2008

Faut-il vraiment "redéfinir un discours moderne sur la laîcité" ,revisiter la loi de 1905 et la constitution française?

Déclaration universelle sur la laïcité au XXIe siècle

clip_image001 Quelques commentaires relatifs à la Déclaration

A l'issue du colloque organisé du 15 au 17 décembre 2005 par le Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité (CIERL) de Bruxelles, plusieurs universitaires, parmi lesquels Jean Baubérot, professeur à l'Ecole pratique des hautes études (Paris), Roberto Blancarte, du Collegio de Mexico, et Micheline Milot, de Université du Québec à Montréal, ont rendu publique une Déclaration universelle sur la laïcité au XXIe siècle.

Les auteurs de cette déclaration, présentée à l'occasion du centenaire de la loi française séparant l'Eglise et l'Etat, ont choisi de redéfinir un discours moderne sur la laïcité, ancré dans son siècle, et auquel peuvent se rattacher des hommes et des femmes mus, sinon par les mêmes convictions ou confessions, du moins par une volonté de vivre ensemble dans le respect de certaines valeurs communes.

"Nous espérons à la fois promouvoir une certaine idée de la laïcité, critique, en cette année du centenaire de la séparation (française) des Eglises et de l'Etat, avec toute conception de la laïcité "exception française". Nous voulons aussi promouvoir un dialogue, un débat international sur la laïcité".

                     LA DECLARATION

PREAMBULE

Considérant les diversités religieuse et morale croissantes, au sein des sociétés actuelles, et les défis que rencontrent les Etats modernes pour favoriser le "vivre-ensemble" harmonieux, Considérant également la nécessité de respecter la pluralité des convictions religieuses, athées, agnostiques, philosophiques, et l'obligation de favoriser, par divers moyens, la délibération démocratique pacifique; considérant enfin que la sensibilité croissante des individus et des peuples aux libertés et aux droits fondamentaux invite les Etats à veiller à l'équilibre entre les principes essentiels qui favorisent le respect de la diversité et l'intégration de tous les citoyens à la sphère publique,
Nous, universitaires et citoyens de différents pays, proposons à la réflexion de chacun et au débat public, la déclaration suivante :

PRINCIPES FONDAMENTAUX

Article 1. Tous les êtres humains ont droit au respect de leur liberté de conscience et de sa pratique individuelle et collective. Ce respect implique la liberté d'adhérer à une religion ou à des convictions philosophiques (notamment l'athéisme et l'agnosticisme), la reconnaissance de l'autonomie de la conscience individuelle, de la liberté personnelle des êtres humains des deux sexes et leur libre choix en matière de religion et de conviction. Il implique également le respect par l'Etat, dans les limites d'un ordre public démocratique et du respect des droits fondamentaux, de l'autonomie des religions et des convictions philosophiques.

Article 2. Pour que les Etats soient en mesure d'assurer un traitement égal des êtres humains et des différentes religions et convictions (dans les limites indiquées), l'ordre politique doit être libre d'élaborer des normes collectives sans qu'une religion ou conviction particulière domine le pouvoir et les institutions publiques. L'autonomie de l'Etat implique donc la dissociation de la loi civile et des normes religieuses ou philosophiques particulières. Les religions et les groupes de convictions peuvent librement participer aux débats de la société civile. En revanche, ils ne doivent en aucune façon, surplomber cette société et lui imposer a priori des doctrines ou des comportements.

Article 3. L'égalité n'est pas seulement formelle, elle doit se traduire dans la pratique politique par une vigilance constante pour qu'aucune discrimination ne soit exercée contre des êtres humains, dans l'exercice de leurs droits, en particulier de leurs droits de citoyens, quelle que soit leur appartenance ou leur non-appartenance à une religion ou à une philosophie. Pour que soit respectée la liberté d'appartenance (ou de non-appartenance) de chacun, des accommodements raisonnables peuvent s'avérer nécessaires entre les traditions nationales issues de groupes majoritaires et des groupes minoritaires.clip_image002

La laïcité comme principe fondamental des Etats de droit

Article 4. Nous définissons la laïcité comme l'harmonisation, dans diverses conjonctures socio-historiques et géopolitiques, des trois principes déjà indiqués : respect de la liberté de conscience et de sa pratique individuelle et collective; autonomie du politique et de la société civile à l'égard des normes religieuses et philosophiques particulières; non-discrimination directe ou indirecte envers des êtres humains.

Article 5. En effet, un processus de laïcisation émerge quand l'Etat ne se trouve plus légitimé par une religion ou une famille de pensée particulière et quand l'ensemble des citoyens peuvent délibérer pacifiquement, en égalité de droits et de dignité, pour exercer leur souveraineté dans l'exercice du pouvoir politique. En respectant les principes indiqués, ce processus s'effectue en lien étroit avec la formation de tout Etat moderne qui entend assurer les droits fondamentaux de chaque citoyen. Des éléments de laïcité apparaissent donc nécessairement dans toute société qui veut harmoniser des rapports sociaux marqués par des intérêts et des conceptions morales ou religieuses plurielles.

Article 6. La laïcité, ainsi conçue, constitue un élément clef de la vie démocratique. Elle imprègne inéluctablement le politique et le juridique, accompagnant en cela l'avancée de la démocratie, la reconnaissance des droits fondamentaux et l'acceptation sociale et politique du pluralisme.

Article 7. La laïcité n'est donc l'apanage d'aucune culture, d'aucune nation, d'aucun continent. Elle peut exister dans des conjonctures où le terme n'a pas été traditionnellement utilisé. Des processus de laïcisation ont eu lieu, ou peuvent avoir lieu, dans diverses cultures et civilisation, sans être forcément dénommés comme tels.

Des débats de la laïcité

Article 8. L'organisation publique du calendrier, les cérémonies officielles d'enterrement, l'existence de sanctuaires civiques liés à des formes de religion civile et, d'une manière générale, l'équilibre entre ce qui est issu de l'héritage historique et ce qui est accordé au pluralisme actuel en matière de religion et de conviction dans une société donnée, ne peuvent être considérés comme réglés de façon immuable et rejetés dans l'impensé. Cela constitue, au contraire, l'enjeu d'un débat laïque, pacifique et démocratique.

Article 9. Le respect concret de la liberté de conscience, l'autonomie du politique et de la société à l'égard de normes particulières, la non-discrimination, doivent s'appliquer aux nécessaires débats concernant les rapports du corps à la sexualité, à la maladie et à la mort, à l'émancipation des femmes, aux questions de l'éducation des enfants, aux mariages mixtes, à la condition des adeptes de minorités religieuses ou non religieuses, des incroyants et de ceux qui critiquent la religion.clip_image002[1]

Article 10. L'équilibre entre les trois principes constitutifs de la laïcité constitue également un fil directeur pour les débats démocratiques sur le libre exercice du culte, la liberté d'expression, de manifestation des convictions religieuses et philosophiques, le prosélytisme et ses limites par respect de l'autre, les interférences et les distinctions nécessaires entre les divers domaines de la vie sociale, les obligations et les accommodements raisonnables dans la vie scolaire ou professionnelle.

Article 11. Les débats sur ces différentes questions mettent en jeu la représentation de l'identité nationale, les règles de santé publique, les conflits possibles entre la loi civile, les représentations morales particulières et la liberté de choix individuel, le principe de compatibilité des libertés. Dans aucun pays ni aucune société il n'existe de laïcité absolue; pour autant les diverses réponses apportées ne sont nullement équivalentes en matière de laïcité.

La laïcité et les défis du XXIe siècle

Article 12. En effet, la représentation des droits fondamentaux a beaucoup évolué depuis les premières proclamations des droits (à la fin du XVIIIe siècle). La signification concrète de l'égale dignité des êtres humains et de l'égalité des droits est en jeu dans les réponses données. Or le cadre étatique de la laïcité fait face aujourd'hui aux problèmes des statuts spécifiques et du droit commun, des divergences entre la loi civile et certaines normes religieuses et de conviction, de la compatibilité entre les droits des parents et ce que les conventions internationales considèrent comme les droits de l'enfant, ainsi que du droit au blasphème.

Article 13. Par ailleurs, dans différents pays démocratiques, le processus historique de laïcisation semble être arrivé, pour de nombreux citoyens, à une spécificité nationale dont la remise en cause suscite des craintes. Et plus le processus de laïcisation a été long et conflictuel, plus la peur du changement peut se manifester. Mais de profondes mutations sociales s'effectuent et la laïcité ne saurait être rigide ou immobile. Il faut donc éviter crispations et phobies, pour savoir trouver des réponses nouvelles aux défis nouveaux.

Article 14. Là où ils ont eu lieu, les processus de laïcisation ont correspondu historiquement à un temps où les grandes traditions religieuses constituaient des systèmes d'emprise sociale. La réussite de ces processus a engendré une certaine individualisation du religieux et du convictionnel, qui devient alors une dimension de la liberté de choix personnel. Contrairement à ce qui est craint dans certaines sociétés, la laïcité ne signifie pas l'abolition de la religion mais la liberté de choix en matière de religion. Cela implique aujourd'hui encore, là où cela est nécessaire, de déconnecter le religieux des évidences sociales et de toute imposition politique. Mais qui dit liberté de choix dit également libre possibilité d'une authenticité religieuse ou convictionnelle.clip_image002[2]

Article 15. Religions et convictions philosophiques constituent alors socialement des lieux de ressources culturelles. La laïcité du XXIe siècle doit permettre d'articuler diversité culturelle et unité du lien politique et social, tout comme les laïcités historiques ont dû apprendre à concilier les diversités religieuses avec l'unité de ce lien. C'est à partir de ce contexte global qu'il faut analyser l'émergence de nouvelles formes de religiosités, qu'il s'agisse de bricolages entre traditions religieuses, de mélanges de religieux et de non-religieux, de nouvelles expressions religieuses, mais aussi de formes diverses de radicalismes religieux. C'est également dans le contexte de l'individualisation qu'il faut comprendre pourquoi il est difficile de réduire le religieux au seul exercice du culte et pourquoi la laïcité comme cadre général d'un vivre-ensemble harmonieux est plus que jamais souhaitable.

Article 16. La croyance que le progrès scientifique et technique pouvait engendrer du progrès moral et social se trouve, aujourd'hui, en déclin; cela contribue à rendre l'avenir incertain, la projection dans cet avenir plus difficile, les débats politiques et sociaux moins lisibles. Après les illusions du progrès, on risque de privilégier unilatéralement les racines. Cette situation nous incite à faire preuve de créativité, dans le cadre de la laïcité, pour inventer de nouvelles formes du lien politique et social capables d'assumer cette nouvelle conjoncture, de trouver de nouveaux rapports à l'histoire que nous construisons ensemble.

Article 17. Les différents processus de laïcisation ont correspondu aux différents développements des Etats. Les laïcités ont pris, d'ailleurs, des formes diverses suivant que l'Etat se montrait centralisateur ou fédéral. La construction de grands ensembles supra-étatiques et le relatif mais réel détachement du juridique par rapport à l'étatique créent une nouvelle donne. L'Etat, cependant, se trouve peut-être plus dans une phase de mutation que de véritable déclin. Tendanciellement, il agit moins dans la sphère du marché et perd, au moins partiellement, le rôle d'Etat-providence qu'il a plus ou moins revêtu dans beaucoup de pays. En revanche, il intervient dans des sphères jusqu'alors considérées comme privées, voire intimes, et répond peut-être encore plus que par le passé à des demandes sécuritaires, dont certaines peuvent menacer les libertés. Il nous faut donc inventer de nouveaux liens entre la laïcité et la justice sociale, la garantie et l'amplification des libertés individuelles et collectives.

Article 18. Tout en veillant à ce que la laïcité ne prenne elle-même, dans ce nouveau contexte, des aspects de religion civile où elle se sacraliserait plus ou moins, l'apprentissage des principes inhérents à la laïcité peut contribuer à une culture de paix civile. Ceci exige que la laïcité ne soit pas conçue comme une idéologie anticléricale ou intangible. C'est une conception laïque, dynamique et inventive qui donnera une réponse démocratique aux principaux défis du XXIe siècle. Cela lui permettra d'apparaître réellement comme un principe fondamental du vivre-ensemble dans des contextes où la pluralité des conceptions du monde ne doit pas apparaître comme une menace mais plutôt comme une véritable richesse.

LISTE DES UNIVERSITAIRES SIGNATAIRES. Liste établie le 1er décembre 2005 comportant 212 noms d'universitaires provenant de 29 pays (Allemagne, Argentine, Belgique, Bolivie, Brésil, Canada, Chili, Colombie, Cuba, Equateur, Espagne, France, Italie, Japon, Maroc, Mexique, Nicaragua, Norvège, Pérou, Porto Rico, République dominicaine, Royaume-Uni, Russie, Suisse, Tunisie, Turquie, Uruguay, Etats-Unis, Vietnam).clip_image002[3]

ABELMALEK Aït, Université Rennes-II, France / ACOSTA Olga, université de Rosario, Colombie / AGADJANIAN Alex, Université d'Etat de Russie, Russie / AGUILAR Andres, Université de Medellin, Colombie / ALVERES Mario, université de Medellin, Colombie / AMIR MOEZZI Mohammad Ali, Ecole pratique des hautes études, France / AMIROU Rachid, université de Perpignan, France / ANDRADE Suzana, université San Francisco de Quito, Equateur / ANDRE Valérie, FNRS, Belgique / ANZOLA Marcela, université de Rosario, Colombie / ARTEAGA GARCIA Arnulfo, UNAM, Mexique / ATORTHUA Clara, université de Medellin, Colombie / AUBERT Marcel, université de Laval, Canada / AUGUSTIN Jean-Pierre, université Bordeaux-III, France / BALAS Marie, Ecole des hautes études en sciences sociales, CEIFR, France / BARRALES GUZNAM Katerin, FLASCO, Chili / BASTIAN Jean-Pierre, université Marc-Bloch, France / BAUBEROT Jean, Ecole pratique des hautes études, GSRL, France / BELALCAZAR Alaxandra, université Juan-Carlos, Colombie / BEN SLAMA Raja, Université de Mannouba, Tunisie / BENNETT-MOUSLI Béatrice, université de Californie du Sud, Etats-Unis / BERENSON Edward, université de New York, USA / BLANCARTE Roberto, El Colegio de Mexico, Mexique / BERTOSSI Christophe, IFRI, CNRS, France / BIRMAN Patricia, université de Rio de Janeiro, Brésil / BOBE Bernard, Ecole supérieure de chimie, France / BOCANUMENT Mauricio, université de Medellin, Colombie / BOGONO Milena, université Juan-Carlos, Italie / BOLLE DE BAL M, université de Bruxelles, Belgique / BOLOGNESI Pietro, IFED, Italie / BONNET Jean, université Paris-XII, EPHE, France / BOST Hubert, Ecole pratique des hautes études, France / BOTERO Andres, université de Medellin, Colombie / BOTERO John, université de Medellin, Colombie / BOTERO Luis, université de Medellin, Colombie / BOURDIN Bernard, Institut catholique de Lille, France / BOURDIN Jean-Claude, IESR, EPHE, France / BOURGEY André, Inalco, France / BOWEN John, université Washington, Etats-Unis / BOUTAN Pierre, IUFM de Montpellier, France / BOZZO Anna, université Rome-III, Italie / BROUWER Christian, université de Bruxelles, Belgique / BUENO LAZARO Isabel, université Iberoamerica, Mexique / BULHER Pierre, université de Zurich, Suisse / CARCHON BOUAZIZ Isabelle, Ecole pratique des hautes études, France / CARDACI Dora, UAM, Mexique / CAREAGA PEREZ Gloria, UNAM, Mexique / CARNEIRO Sandra, université de Rio de Janeiro, Brésil / CASTILLO Reina, université Juan-Carlos, Mexique / CASTRO JOVER Adoracion, Université del Pays, San Sebastian, Espagne / CHABERT Michèle, Ecole pratique des hautes études, Inserm, France / CHALINE Jean, Biogeonsciences, CNRS, EPHE, France / CHELINI-PONT Blandine, université d'Aix-Marseille, France / CHRÉTIEN Jean-Pierre, CNRS, université Paris-I, France / CHRISTIANS Louis Léon, université de Louvain, BuUniversité de Rio de Janeiro, Brésil / CONTRERAS Lourdes, Institut technologique Intec, République dominicaine / CORSINA Nohemi, université Juan-Carlos, Italie / COSME MELLAREZ Carlos, Institut pour la promotion de la culture, Pérou / COUREL Marie-Françoise, Ecole pratique des hautes études, France DA / COSTA Nestor, Institut universitaire CLAEH, Uruguay / DANG NGHIEM Van, IRR, Institut national sciences sociales, Vietnam / DAPHY Eliane, Laboratoire d'anthropologie urbaine, CNRS, France / DAVID Eric, université de Bruxelles, Belgique / DANVERS Francis, université Lille-III, France / DELATTRE Joëlle, HALMA, CNRS, Université de Lille III, France / DIAS Castor, université Juan-Carlos, Espagne / DIDES Claudia, FLASCO, Chili / DIENI Eduardo, Université de Milan, Italie / DOMIANELLO Sarah, université de Messine, Italie / DONOSO Francisco, université de la Serena, Mexique / DONZELOT Jacques,clip_image002[4] université Pari- X, France DUBOIS Jean-Pierre, université Paris-XI, France / DUCOMTE Jean-Michel, Institut d'études politiques,Toulouse / DURAND Jean-Paul, Institut catholique de Paris, France / EHRARD Jean, université de Clermont-Ferrand, France / EHRARD Antoinette, université de Clermont-Ferrand, France / ESTIVALEZES Mireille, GSRL, CNRS-EPHE, France / ESTRADA Marco, El Colegio de Mexico, Mexique / FALABELLA Soledad, université Diego-Portales, Chili / FATH Sébastien, GSRL, CNRS-EPHE, France / FERNANDEZ LIESA Carlos, université Carlos-III, Espagne / FERRARI Alexandro, université de l'Insubria, Italie / FERRARI Silvio, université de Milan, Italie FLORES Carlos, université de Medellin, Colombie / FIORETA Nicola, université de Florence, Italie / FLUSIN Bernard, université Paris-IV, EPHE, France / FORAY Philippe, université de Saint-Etienne, France / FOREST Alain, université Paris-VII, France / FOUGERE Denis, CREST, CNRS-INSEE, France / GALLINAR Eugenio, université de Buenos Aires, Argentine / GARCIA FIGUEROA Gabriela, El Colegio de Sonora, Mexique / GEISSER Vincent, CNRS, France / GINGRAS François-Pierre, université d'Ottawa, Canada / GONZALEZ Felipe, Université interculturelle, Mexique / GUERRA Pedro, université Juan-Carlos, Espagne / GUILLERMO FIGUEROA Juan, El Colegio de Mexico, Mexique / GUTIERREZ David, Université nationale de Colombie, Colombie / GUNN Jeremy, université Emory, USA / HAARSCHER Guy, Université de Bruxelles, Belgique / HAMAYON Roberte, Ecole pratique des Hautes Etudes, GSRL, France / HAMUI Liz, UNAM, Mexique / HARGRAEVES Alex, université de Floride, Royaume Uni / HATTORI Hejdi, université de Reitaku, Japon / HASQUIN Hervé, université de Bruxelles, Belgique / HERNANDEZ MADRID Miguel, El Colegio de Michoacan, Mexique / HIVERT-MESSICA Yves, GSRL, CNRS-EPHE, France / INGERFLOM Claudio, Collège universitaire de Londres, CNRS, France / JDUEJELBEIN Elre, université Juan-Carlos, Allemagne / KAHN Pierre, IUFM de Caen, France / KASTORYANO Riva, université Harvard, France / KOUSSENS David, université du Québec à Montréal, France / LAFONT Jean-Marie, université de Delhi, France / LAGERWEY John, Ecole pratique des hautes études, Etats-Unis / LAHLOU Mehdi, Insea, Rabat, Maroc / LAMBERT Yves, CNRS, GSRL-EPHE, France / LE BOULLUEC Alain, Ecole pratique des hautes études, France / LECLERC-OLIVE Michèle, CNRS, France / LEITE Marcia, université de Rio de Janeiro, Brésil / LELIEVRE Claude, université Paris-V, France / LE RIDER Jacques, Ecole pratique des hautes études, France / LERNOUT Geert,université d'Anvers, Belgique / LIAUZU Claude, université Paris-VIII, France / LIBERA Alain de, université de Genève, EPHE, France / LORY Pierre, Ecole pratique des hautes études, France / LOEFFEL Laurence, IUFM d'Amiens, France / LONDONO Beatriz, université de Rosario, Colombie / LOPERA Monica, université Juan-Carlos, Colombie / LOSONCZY Anne-Marie, Ecole pratique des hautes études, France / LOZANO HERRERA Ruben, université Iberoamericana, Mexique /clip_image002[5] LÖWENTHAL Paul, université de Louvain, Belgique / LOZANO Harold, université Juan-Carlos, Colombie / LUC Jean-Noël, université Paris-IV, France / MACHADO Carly, université de Rio de Janeiro, Brésil / MAFRA Clara, université de Rio de Janeiro, Brésil / MAGNIN Paul, GSRL, CNRS-EPHE, France / MALLIMACI Fortunato, université de Buenos Aires, Argentine / MARCHAT Jean-François, université de Limoges, France / MARIN Gustavo, université de Medellin, Colombie / MARSILY Ghislain, Paris VI, EPHE, Académie des sciences, France / MARTIN Jean-Paul, université Lille-III, GSRL, CNRS-EPHE, France / MARTINEZ HASSAD Carlos, UNAM, Mexique / MENGET Patrick, Ecole pratique des hautes études, France / MERGAL Margarita, université de Puerto Rico, Porto Rico / MERINI Corinne, IUFM de Versailles, France / MERINO ROSAS Alejandro, UNMSM, Pérou / MERLE Gabriel, université Paris-I, France / MESLIN Michel, université Paris-IV, France / MILOT Micheline, université du Québec à Montréal, Canada / MIGUELEZ Roberto, Université de Ottawa, Canada / MINELLO MARTINI Nelson Jorge, El Colegio de Mexico, Mexique / MIURA Nobutaka, université Chûô (Tokyo), Japon / MOJICA Carlos, université de Medellin, Colombie / MOLINAS Andres, université de Medellin, Colombie / MOLINA Carlos, université de Medellin, Colombie / MONDRAGON Carlos, UNAM, Mexique / MONTENEGRO Sofia, CINCO, Nicaragua / MONTOYA Sol, université de Medellin, Colombie / MORELLI Anne, université de Bruxelles, Belgique / MOTTA Roberto, université de Récife, Brésil / NARVAEZ LORA Adriana, université Iberoamericana, Mexique / NAVARRO Marysa, Dartmouth College, Etats-Unis / NGUYEN Kim Hien, IRR, Institut national sciences sociales, Vietnam / NGUYEN Xuan, université Tôn Duc Thang, Vietnam / OKUYAMA Michiaki, université de Nazan, Japon / ONID Francesco, université de Florence, Italie / OZOUF Mona, CNRS, France / OUELLET Fernand, université de Sherbrooke, Canada / QUERVAL Sylvie, université Lille-III, France / PAROIS Claire, université Juan-Carlos, France / PELLEGRINI Macarena, université Juan-Carlos, Chili / PEREZ Ofelia, CIPS, Cuba / PERRIN Anne, GSRL, CNRS-EPHE, France / PIAULT Marc, CEA, CNRS, France / PIZARRO Rafael, université de Cordoba, Espagne / PLESNER Ingvill, université d'Oslo, Norvège / POZO Felipe, UNAM, Mexique / POULAT, Emile CNRS-EHESS, France / RANDAXHE Fabienne, université de Saint-Etienne, GSRL, France / RESTREPO Lina, université de Medellin, Colombie / RESTREPO Patricia, université de Medellin, Colombie / RINGLET Gabriel, université de Louvain, Belgique / RODRIGUEZ CHADOW Maria, INAH, Mexique / ROUSSELET Catherine, CERI, CNRS, France / RUDELLE Odile, CEVIPOF, Sciences-Po, France / SABROVSKY JAUNEAU Eduardo, université Diego-Portales, Chili / SALAZAR Octavio, université de Cordoba, Espagne / SAINT MARTIN Isabelle, Ecole pratique des hautes études, France / SAINZ MESCHWITZ Madela, CLADEM, Bolivie / SALAZAR Gloria, université Bolovariana, Chili / SANCHEZ Carlos, université de Rosario, Colombie / SANCHIS Amalia, université de Cordoba, Espagne / SCHREIBER Jean Philippe, université de Bruxelles, Belgique / SHABUROV Nicolay, université d'Etat de Russie, Russie / SIERRA Carolina, université de Medellin, Colombie / SUAREZ Hugo José, université de Guanajuato, Mexique / TARCHIANI Dottessa Francesca, université de Florence, Italie / TEDO Kiyonobu, université Lille-III, EPHE, Japon / TORRES GUTIERREZ Alejandro, université de Bavarra, Pampelune, Espagne / TOVAR MENDOZA Jesus, El Colegio de Veracruz, Mexique / WATANABE Hirohito, Université des langues étrangères de Tokyo, Japon / WILLAIME Jean-Paul, Ecole pratique des hautes études, GSRL, France / WIHOLD DE WENDEN Catherine, CERI, CNRS, France / YAGUE Carmen, université Juan-Carlos, Espagne / ZANNOTTI , université de Florence, Italie / ZINS Max-Jean, CERI, CNRS, France / ZORRILLA Rafael, université Juan-Carlos, Mexique / ZUBER Valentine, Ecole pratique des hautes études, GSRL, France.

La Déclaration est diffusée en langues anglaise, arabe, espagnole, française et vietnamienne.

12.2005.

 

NDLR:Ce texte d' une grande qualité de réflexion ,publié sur les sites de la ligue et de l' Association internationale des Droits de l' Homme ne répond pas pleinement à mes analyses et à mes choix  personnels.

Peut-être ou sans doute,  sont -ils trop marqués par une éthique de laïcité à la française qui n'a nul besoin d' être ouverte ou moderne pour être entendue, d' être bousculée pour assurer l' intégration et forger le creuset de nos valeurs nationales de liberté, d' égalité, et de fraternité, et dont la dimension positive établie  n' est pas à conquérir,  mais à valoriser et à respecter . 
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lundi 21 janvier 2008

Dites moi, je ferai !

 

DOSSIER

On trouvera ci dessous des extraits du fameux rapport remis en Octobre 2004 à Nicolas SARKOSY sur sa commande par Michel CAMDESSUS , ancien directeur du fonds monétaire international ;

NOUS SOMMES aujourd’hui pour la fonction publique, et l’enseignement professionnel au cœur du sujet.

Sauf à choisir la cécité par ramollissement de pensée syndicale

On peut choisir de lire ces lignes….. ,un peu, beaucoup, à la folie ou pas du tout

 

Rapport CAMDESSUS une référence digne d’un président

« Afin de doter l’État d’une souplesse suffisante pour renforcer

quelques secteurs prioritaires encore insuffisamment dotés, la règle générale

pour le remplacement des personnels partant à la retraite devrait donc

être – pour en tout cas une durée de cinq ans – d’un sur trois. L’économie

procurée par ce durcissement par rapport à la règle actuelle aurait pour

objet de permettre de mieux allouer les ressources en fonction des priorités

nouvelles, tout en assurant une décrue effective des effectifs de l’ordre de

1 sur 2. En effet, la décrue des effectifs ne signifie pas qu’on ne crée aucun

emploi public nouveau, dans des domaines où ils feraient défaut…..

. Il convient donc de prendre des dispositions permettant d’y parvenir, en abandonnant,

purement et simplement, certaines activités dont l’impact sur la réalisation

des missions de l’État est trop faible. »

A la lumière des projets ministériels , on peut se demander si le lycée professionnel n’entre pas dans ces activités qui n’impacteraient pas vraiment des missions pas vraiment dans les missions de l’état

D’autant plus que :

« Notre quatrième remarque voudrait simplement saluer les initiatives

retenues dans le « plan de cohésion sociale » proposé actuellement

par le gouvernement au parlement pour améliorer l’attractivité de l’apprentissage

et l’efficacité de la taxe d’apprentissage, tout en accompagnant

800 000 jeunes en difficulté vers l’emploi durable. Ces orientations nous

semblent particulièrement désirables, tout comme celles qui concernent

l’accompagnement des enfants et des collégiens en fragilité.

La cinquième est liée à notre réflexion sur la conduite du changement….

Il nous a donc semblé qu’il serait particulièrement utile de faire fond

sur le désir de beaucoup de jeunes enseignants qui ne se résignent plus à ce

que l’école mette en échec les enfants qui ont beaucoup de mal à adhérer à

son projet, de participer – en vraie grandeur – à des tentatives de rénovation

de l’école. On pourrait, pour cela, mettre en place – à titre expérimental

et sous clause d’évaluation après quelques années – des établissements

publics d’un type nouveau, sous la responsabilité de collectivités territoriales.

Ces établissements, sous contrat, prépareraient aux diplômes nationaux,

accueilleraient tous les enfants qui le demanderaient, sans sélection.

Les enseignants seraient recrutés par la direction de l’établissement dans

un corps de professeurs ayant les certifications requises. Ils seraient placés

sous un autre type de contrat que celui de l’éducation nationale : à côté de

leur enseignement proprement dit, ils assureraient l’accompagnement

d’élèves, du travail interdisciplinaire (en équipe avec leurs collègues), de

la concertation, des relations avec les familles sur le temps de service qui

serait très supérieur à 18 heures (autour de 26 heures). Une telle expérimentation,

qui est d’ailleurs inspirée d’initiatives isolées et réussies, permettrait

de tirer d’utiles leçons. Elle établirait une heureuse émulation, y

compris avec l’enseignement libre ; elle pourrait rendre espoir à beaucoup

de familles dont l’une des pires souffrances est la souffrance même de

leurs enfants, actuellement perdus dans un système qu’ils ne sentent pas

fait pour eux. Elle pourrait offrir, enfin, aux enseignants après un début de

carrière dans les établissements ordinaires, une intéressante diversification

et une utile expérience d’une autre manière d’exercer leur métier. »

En matière de privatisation, cela à l’avantage d’être clair

LE LYCEE DES Métiers ,mariage heureux de l’enseignement scolaire et de l’apprentissage pourrait –il en ëtre n prochain exemple ?

Mais on peut aussi prêter quelque attention à certains Les aspects de l’étude du rapport CAMDESSUS mis en exergue par hns-info.net :

2.2 Il faut expérimenter d’autres modes de fonctionnement des établissements scolaires. Dans le cadre de la décentralisation s’ouvriraient « des établissements publics d’un type nouveau, sous la responsabilité de collectivités territoriales. Les enseignants (y) seraient recrutés par la direction de l’établissement dans un corps de professeurs ayant les certifications requises. Ils seraient placés sous un autre type de contrat que celui de l’ Education nationale : à coté de leur enseignement proprement dit, ils assureraient l’accompagnement des élèves, du travail interdisciplinaire (en équipe avec leurs collègues), de la concertation, des relations avec les familles sur le temps de service qui serait très supérieur à 18 heures (autour de 26 heures) [P. 61]. » Pince sans rire, Camdessus estime que cela « établirait une heureuse émulation, y compris avec l’enseignement libre » [P. 61]. Cela se ferait dans un cadre géographique qui ne devrait pas déplaire au patronat : le bassin d’emploi. Il faut une « décentralisation énergique de l’action publique : la région et le bassin d’emploi sont l’échelon approprié de l’action publique dans ce secteur ». Cela devrait évidemment se traduire par une modification notable du mode de gestion des établissements : les moyens financiers nouveaux « seraient attribués pour une grande partie sur des appels à projets...non systématiquement reconductibles » [P. 67]. Sans surprise, le dispositif pourra s’intégrer tout naturellement dans la logique introduite par la Loi Organique relative à la Loi de Finances. Toujours prévenant, Camdessus ne nous cache rien des conséquences que cela pourrait entraîner, tout particulièrement dans les universités. « L’autonomie indispensable des universités (implique) la plus grande déconcentration possible de la gestion du personnel universitaire ; l’affectation d’emploi de cadre dirigeants de haut niveau...ouvrirait d’abord la voie à des partenariats divers » (au premier rang desquels les entreprises) et exigerait « d’assouplir les règles actuellement en vigueur en matière de contractualisation avec les collectivités territoriales » [P. 65].

2 4 Il faut renforcer la sélection scolaire (et sociale). Camdesssus ne s’embarrasse pas de considérations futiles. Il va tout droit à l’essentiel : « il faut repenser la question de la sélection » [P. 66]. Celle-ci s’entend d’abord sur le plan scolaire : les bacheliers ne pourront accéder à « toutes les filières en fonction du baccalauréat qu’ils ont obtenu » [P. 67]. On peut également la concevoir sur le plan financier : on doit « ouvrir un grand débat démocratique sur la question des droits d’entrée et de la quasi gratuité de l ’enseignement supérieur » car « qui dit quasi gratuité dit université pauvre » [P. 68]. Certes, on pourrait s’étonner de l’étrange cécité d’un Camdessus négligeant d’envisager qu’un système éducatif soit pris en charge par l’ensemble de la collectivité, au nom de la solidarité. Mais on sait que de pareilles préoccupations n’entrent guère dans l’univers mental de ceux qui se sont donnés pour premier objectif de réduire la « charge fiscale » des hauts revenus. Cette conception de la sélection scolaire est bien loin d’être innocente. Elle s’inscrit dans une philosophie globale où l’on donne mission à l’Ecole d’effectuer le tri social dont le système économique a besoin. « Le développement d’un nouveau secteur de services à destination des particuliers devrait permettre de créer rapidement en France beaucoup d’emplois de qualité ne nécessitant pas de qualification universitaire » [P. 115]. On comprend mieux alors la signification de l’enthousiasme affiché par Camdessus lorsqu’il s’agit de vanter les mérites de l’apprentissage. Ne faut-il pas « améliorer l’attractivité de l’apprentissage et l’efficacité de la taxe d’apprentissage » [P. 61] ? Se dessine ainsi un projet éducatif à deux vitesses : « d’autres voies doivent être utilisées faisant davantage place aux compétences pratiques qu’aux savoirs abstraits. Ceci vaut en particulier, pour les services à la personne, appelés à se développer » [P. 71]. Voilà qui éclaire aussi cette surprenante critique faite à un enseignement où « les rythmes et les méthodes qui prévalent sont encore trop tournés vers un apprentissage cérébral de l’abstraction ; elles minimisent l’apprentissage par l’agir » [P. 61]. On ne pourra pas s’empêcher d’établir une parenté avec les propositions de sélection précoce contenues dans le rapport Thèlot.

Comme tout libéral convaincu de la nocivité du secteur public, Camdessus ne prise guère les fonctionnaires. Sa conception de la fonction publique s’inscrit dans une philosophie générale où le statut du travailleur doit se comprendre « comme un soutien pour un parcours professionnel mieux assuré et non comme un abri contre tout changement » [P. 93]. Il faut donc faire sortir le fonctionnaire de sa tanière et « entreprendre une profonde réforme statutaire de la fonction publique dont l’organisation en un millier de corps différents aboutit à un cloisonnement qui défie toute gestion moderne des ressources humaines » [P. 123]. C’est ce que Camdessus appelle « agiliser l’Etat » (sic). S’emparant des lieux communs propres au néolibéralisme, il n’hésite pas à fustiger « l’hypertrophie du secteur public » [P. 28] et à déplorer que nous soyons « le seul pays qui continuellement ajoute à la taille en général jugée pléthorique de sa fonction publique » [P. 28].

. Où l’auteur nous entretient des projets audacieux qu’il caresse pour réformer profondément la fonction publique.

Comme tout libéral convaincu de la nocivité du secteur public, Camdessus ne prise guère les fonctionnaires. Sa conception de la fonction publique s’inscrit dans une philosophie générale où le statut du travailleur doit se comprendre « comme un soutien pour un parcours professionnel mieux assuré et non comme un abri contre tout changement » [P. 93]. Il faut donc faire sortir le fonctionnaire de sa tanière et « entreprendre une profonde réforme statutaire de la fonction publique dont l’organisation en un millier de corps différents aboutit à un cloisonnement qui défie toute gestion moderne des ressources humaines » [P. 123]. C’est ce que Camdessus appelle « agiliser l’Etat » (sic). S’emparant des lieux communs propres au néolibéralisme, il n’hésite pas à fustiger « l’hypertrophie du secteur public » [P. 28] et à déplorer que nous soyons « le seul pays qui continuellement ajoute à la taille en général jugée pléthorique de sa fonction publique » [P. 28].

1 Il faut tailler hardiment dans les effectifs de la fonction publique. L’Etat doit « réaliser un effort de productivité de 2,25% par an pendant 10 ans (soit 40 000 embauches par an pour remplacer les 77 000 départs annuels à la retraite ) » [P. 128]. On imagine aisément quelle hémorragie cela représenterait dans les effectifs des personnels du service public d’éducation et les conséquences que cela pourrait entraîner pour l’encadrement des élèves.

3.2 Il faut externaliser certaines fonctions vers le secteur privé. « Dans certains cas, les réductions d’effectifs publics résulteront de l’abandon des missions, soit par interruption, soit par transmission à d’autres acteurs mieux adaptés » [P. 130]. Nous voilà prévenus, le démantèlement du secteur public se fera au prix de la disparition de pas mal de services (comme à la Poste) ou par leur transfert aux entreprises privées (comme dans la restauration scolaire

Agamemnon

Pour réfléchir à la grève et au libéralisme en EDUCATION

LU SUR www.cafépédagogique.net/l'expresso

Le rapport Attali veut "libérer" l'Ecole

Le journal Les Echos a réussi à se procurer le rapport de la Commission Attali chargée de "libérer la croissance". Parmi ses 314 propositions, une dizaine concernent l'Ecole. La commission souhaite introduire un système de choix d'établissement à l'américaine. Les parents recevraient un chèque éducation (équivalent des vouchers américains) qu'ils pourraient utiliser dans n'importe quelle école. Cela devrait permettre le développement du privé qui est souhaité par la commission. Les enseignants seraient évalués "sur leur capacité à faire progresser tous les élèves", les règles de rémunération à l'ancienneté seraient revues, l'employeur privé pouvant "déterminer les conditions de rémunération" de ses agents. L'évaluation des écoles serait publique et les enseignants seraient également évalués par leurs élèves… Enfin l'enseignement de l'économie serait revu… Libérer l'Ecole c'est bien. Mais de qui ? Des profs ?

Article des Echos

 

On pourra se rapporter à l'EDITORIAL  du café pédagogique"une grève pour quels motifs":

http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2008/01/21012008Accueil.aspx

Supprimez l’emploi de votre collègue et vous serez mieux payé.. En attendant qu’un collègue supprime le votre !

 

PETITS ET GRANDES PHRASES PRESIDENTIELLES POUR LA FONCTION PUBLIQUE au détour d’extraits de presse

/ Cormeilles-en-Parisis (6 mars 2007)

« On ne refera pas l’État sans les fonctionnaires. A fortiori contre eux. Je veux le redire : je n’aime pas la façon dont on parle des fonctionnaires dans notre pays. » « Au fonctionnaire qui subit depuis des années l’érosion de son pouvoir d’achat, je dis ma volonté qu’il y ait moins de fonctionnaires mais qu’ils soient mieux payés et mieux considérés. »

Ø Émission « À vous de juger » sur France 2 (8 mars 2007). -

« Je suis le seul candidat à avoir dit : il y a 450 000 fonctionnaires qui partent à la retraite d’ici à 2012, il faut qu’on en remplace un sur deux. (...) » « On ne peut pas continuer à embaucher sans cesse plus, alors qu’entre-temps, il y a eu l’Europe, la décentralisation, l’informatique, l’Internet, les nouvelles techniques de communication (...) » « Comme il y a beaucoup de fonctionnaires, ils sont mal payés, mal considérés, mal respectés. Je veux donc qu’on économise en remplaçant un fonctionnaire sur deux et que la moitié des gains de productivité, on les rende aux fonctionnaires sous forme d’augmentation de leur pouvoir d’achat. » >

Ø Discours à l’Institut régional de l’administration de Nantes, le 18 septembre 2007. - « Je veux refonder une fonction publique où les fonctionnaires n’auront pas le sentiment d’être réduits à l’impuissance, parce qu’ils ne savent pas toujours ce que l’on attend d’eux, parce qu’ils ont trop souvent le sentiment d’être mal aimés, mal considérés, parce qu’ils servent un État qui fonctionne mal, qui ne répond pas à ce que nos concitoyens sont en droit d’en attendre. » « Dans mon esprit, le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne peut être que la conséquence de la redéfinition des missions et du changement de méthode et d’organisation. » « Je suis favorable à ce que l’on ouvre à tous les fonctionnaires la possibilité de quitter la Fonction publique contre un pécule comme on l’a fait dans le passé dans certains secteurs de l’État pour en accélérer la transformation. » « Ainsi le fonctionnaire aurait droit, à l’intérieur du service public ou à l’extérieur, à une seconde carrière. »

Ø « Le chef de l’Etat s’est fixé pour objectif de ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux qui part à la retraite. Dans un passage de son discours écrit qu’il n’a finalement pas prononcé, il devait évoquer à Lille l’idée de ramener le niveau des effectifs « à ceux de 1992 ». »

Ø « Pour y répondre, le président a rappelé sa volonté de reverser aux fonctionnaires la moitié des gains de productivité réalisés grâce à la baisse des effectifs: ce partage constitue « la seule façon de pouvoir revaloriser les traitements ».

Ø

Ø LILLE 11 janvier 2008•

« Ceux qui plaident pour des effectifs sans cesse plus nombreux ne seront pas ceux qui amélioreront le pouvoir d’achat, les conditions de rémunération, le statut », a-t-il déclaré lors d’un discours retransmis dans toutes les préfectures de France."

« J’assume pleinement l’objectif qu’il faut mieux payer les fonctionnaires mais ne pas considérer la question des effectifs comme un tabou "

« Le choix est très clairement aujourd’hui entre une politique qualitative pour la fonction publique ou une politique quantitative »,

« La réduction des effectifs ne peut pas se faire sans amélioration concomitante de la paye. J’ai proposé, et nous tiendrons avec le Premier ministre : réduction des effectifs et partage moitié-moitié des gains de productivité entre les agents et les finances publiques"

17 janvier 2008

Le 17 Janvier 2008 - (APM International) : Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a déclaré vendredi dernier qu’il voulait améliorer le pouvoir d’achat individuel des agents de la fonction publique ainsi que leurs conditions de vie au travail, lors de ses voeux aux fonctionnaires et aux corps constitués à la préfecture de Lille.

Alors que six des huit syndicats de la fonction publique ont lancé un appel à la grève pour jeudi 24 janvier afin d’obtenir un rattrapage des pertes de pouvoir d’achat, Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté de mener une politique qualitative et non quantitative dans la fonction publique, afin de « mieux payer, mieux considérer et mieux former » les fonctionnaires.
Il a repris dans son discours plusieurs éléments du « pacte » intitulé « service public 2012 » dévoilé en septembre 2007. Il a notamment rappelé son ambition de « ramener les effectifs de la fonction publique aux proportions qui permettront d’avoir le travail le plus efficace au service des Français », c’est-à-dire ceux de 1992, afin de pouvoir revaloriser les traitements des fonctionnaires.
Nicolas Sarkozy a par ailleurs annoncé la mise en place d’une « garantie individuelle de pouvoir d’achat » qui assurera à chaque fonctionnaire que « son traitement indiciaire de base évoluera au minimum au même rythme que l’inflation ».
»La gestion uniforme de la rémunération des fonctionnaires par la revalorisation du point d’indice et les mécanismes d’ancienneté sont coûteux pour le contribuable, faiblement intéressants pour les agents publics, (...) ne prennent pas suffisamment en compte l’effort et la performance individuelle » et « surtout ne garantissent nullement à chaque fonctionnaire qu’il ne perd pas de pouvoir d’achat », a-t-il expliqué.
Le président de la République souhaite que « beaucoup d’heures supplémentaires soient effectuées par les agents publics, d’abord parce que le travail des uns crée le travail des autres, ensuite parce que les besoins existent », notamment pour la « prise en charge adéquate des malades dans les hôpitaux ».

Administrations publique : hausse de 1,7% du salaire moyen en 2007

'Insee table jeudi 20 décembre sur une hausse de 1,7% du salaire moyen dans les administrations publiques en 2007.
L'étude de conjoncture précise qu'il s'agit d'une progression de 0,2%, si on tient compte de l'inflation.
En 2006, le SMPT (salaire moyen par tête) avait augmenté de 1,3% (-0,3% en termes réels).
"Dans la Fonction publique d'Etat, le point d'indice a augmenté de 0,8% au 1er février 2007 et l'indice minimum garanti a été rehaussé de trois points au 1er juillet".

VOUS NE LE SAVIEZ PAS ?

14 JANVIER

Il (le Président de la république) a rappelé son ambition de « rupture » dans la gestion des carrières de la fonction publique, qui doit s’appuyer, notamment sur :
clip_image001   la rémunération au « mérite » ;
clip_image001[1] la promotion interne par la prise en compte de l’expérience professionnelle ;
clip_image001[2]   la mise en place d’un capital « seconde carrière » ;
clip_image001[3]   l’intégration des enfants de l’immigration.

Enfin, tout en saluant les syndicats de la fonction publique et, maniant une fois de plus la tactique de la douche écossaise, il a estimé nécessaire que ce soient les fonctionnaires eux-mêmes qui donnent leur opinion sur les missions du service public car « nul n’a le droit de monopoliser la parole des fonctionnaires »

18 Janvier

Mais au-delà, Nicolas Sarkozy a affirmé son intention de décloisonner les évolutions de carrière, de remettre en cause les mécanismes de l'ancienneté et des concours, de mieux représenter la diversité de la population au sein de la Fonction publique. Concernant les salaires proprement dits : "Le mérite et l'effort doivent jouer une part beaucoup plus importante dans la rémunération". Concernant les promotions : "Il faut su pprimer l'académisme des concours internes, prendre en compte l'expérience professionnelle". Nicolas Sarkozy a prôné également la gestion des carrières en fonction des "métiers" et non "des statuts", pour rendre les mouvements plus faciles au sein de la Fonction publique... voire vers le privé. Par ailleurs, il s'est attaqué à "la promotion à l'ancienneté" qui "a découragé les plus jeunes et les plus doués".

Aussi, a promis Nicolas Sarkozy, "nous allons mettre en place une garantie de pouvoir d'achat pour les fonctionnaires". L'indice de base ne suit pas l'évolution des prix ? "Le traitement indiciaire de base évoluera au minimum sur l'évolution de l'inflation". Mais ce "rattrapage" doit faire aussi par un recours accru aux heures supplémentaires : "Les heures supplémentaires des agents publics sont rémunérées 25% de plus depuis le 1er janvier que les heures normales", a rappelé le chef de l'Etat. Donc, comme dans n'importe quelle entreprise privée, alors qu'elles étaient jusqu'à présent moins payées... Une incitation aux fonctionnaires à "travailler plus".

EN SAVEZ VOUS ASSEZ POUR FAIRE GREVE LE 24 JANVIER ?

Non ?

Alors ECOUTEZ ATTALI !

ET SUPPRIMEZ AVEC LUI DEUX EMPLOIS de FONCTIONNAIRES sur TROIS LIBERES !

OTEZ MOI D’UN DOUTE : LE VOTRE, , il sera libre QUAND ?

De TOUT COEUR

Un soutien de tout coeur, même si les retraités PLP ne sont plus fonctionnaires et si leur situation aujourd'hui est   totalement déconnectée de celle des actifs!

Communiqué commun des organisations syndicales de la Fonction publique (CGT – FO – FSU – CFDT – CFTC – UNSA –Solidaires)

Pour l’augmentation des salaires, pour la défense de l’emploi public

TOUTES ET TOUS EN GREVE ET DANS LES MANIFESTATIONS

Partout un 24 janvier le plus fort possible

Le 20 novembre 2007, à l’appel de toutes les organisations syndicales de la Fonction publique, les agents se sont mobilisés massivement pour exiger une augmentation de leurs salaires et porter leurs exigences de mesures alternatives notamment en matière d’emploi public.

Pourtant, que ce soit le 17 décembre ou lors des rencontres bilatérales de ce début d’année, le gouvernement a choisi, pour l’essentiel, de demeurer sourd aux revendications des personnels. Aujourd’hui encore, aucune mesure générale en matière de salaires n’est chiffrée et datée alors que l’inflation est à + 2,6 % en rythme annuel.

Alors que la journée de mobilisation du 24 janvier est connue de longue date, les ministres ont décidé de n’ouvrir aucune réelle négociation d’ici là.

Nos organisations syndicales appellent donc à participer massivement à la grève et aux manifestations du 24 janvier pour : c Le rattrapage des pertes de pouvoir d’achat (actifs et retraités) et l’ouverture immédiate de véritables négociations salariales. c Un emploi public statutaire basé sur les besoins réels en matière de services publics. c Préserver et améliorer le statut des fonctionnaires garantissant la neutralité et l’impartialité des personnels dans le souci de l’intérêt général. c Un service public de qualité et de proximité répondant encore mieux aux besoins de toute la population.

En l’absence de réponse concrète à ces revendications, l’entière responsabilité du conflit sera du fait du gouvernement. Les organisations syndicales se rencontreront dès le 25 janvier.

Montreuil, le 17 janvier 2008

 

 

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samedi 19 janvier 2008

l’unijambiste à oilpé

Emprunté au nom de la culture commune à:

www.lewebpédagogique. com/dusoiraumatin

( les stagiaires PLP lettres-histoires de l' Académie de BESANCON)

 

à moins qu’on se prenne tous une casserole…

Ecouter pour comprendre et juger

Une émission de France Culture portant sur les lycées professionnels sera diffusée le 30 janvier prochain à 22h15 :
www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/surpris/fiche.php?diffusion_id=57786&pg=avenir

Bac PRO 3 : Un ministre soucieux de la performance publique

Lu sur www.cafépédagogique.net

Un nouvel audit propose de décimer l'enseignement professionnel

"Décimer : faire périr une personne sur dix" nous dit le dictionnaire. Un nouvel audit gouvernemental sur l'enseignement professionnel demande la suppression de 10 à 13% des emplois d'enseignants.

"L’enseignement professionnel est 30% plus coûteux que dans la moyenne des pays de l’OCDE et la dépense a augmenté de 66% depuis 20 ans, à un rythme semblable à celui de l’ensemble du second degré" nous dit ce nouveau rapport d'audit réalisé par trois inspecteurs des finances et deux inspecteurs généraux de l'éducation nationale (Odile Roze et Jean Pigeassou). Il fait suite aux audits sur les décharges, le collège et le lycée qui sont déjà partiellement appliqués et qui prévoient à terme de réduire de 20% le budget du secondaire.

Diminuer le nombre des formations.Selon le rapport, l'enseignement professionnel n'est pas assez efficace : " pour 100 places de formation financées, seulement 50 à 70% des élèves seront in fine diplômés compte-tenu de l’abandon, des échecs et du non-remplissage des classes. Le rapport coût/efficacité n’est donc pas satisfaisant". C'est qu'en effet le taux d'abandon est de 12 à 13% en Cap, 8% en Bep et 11% en bac pro ce qui semble un gaspillage même s'il est très inférieur au taux moyen français (17% ) et européen (21%). Autre source de dépenses selon le rapport, " les taux de remplissage des structures ne sont pas optimaux : ils sont compris entre 91% et 97%" ce qui semble insuffisant.

La question renvoie à la carte des formations (trop d'établissements sur le territoire) et au nombre de diplômes. Le rapport préconise leur réduction et le transfert d'une partie de la formation professionnelle hors éducation nationale. " Il s’agit de concevoir les diplômes professionnels de la façon suivante : un diplôme, à spectre large, délivré par l’Etat ; des mentions de spécialisations, acquises en entreprise ou en formation60. La spécialisation fait partie du diplôme sans pour autant être reconnue dans la certification. La certification reste générale, l’expérience est particulière". De cette façon on regroupe plus facilement les élèves et on gère mieux les catégories d'enseignants. Le rapport énumère une longue liste de diplômes professionnels où il y a peu d'élèves et qui mériteraient de disparaître : orfèvre polisseur, archetier, tuyautier en orgues, ciseleur sur bronze, perruquier, accordeur de piano, menuisier en sièges…

Le retour de l'annualisation.Mais l'essentiel des dépenses viennent des enseignants et c'est là que le rapport préconise de larges économies. "L’optimisation des moyens d’enseignement est possible car le potentiel d’enseignement n’est utilisé qu’à hauteur de 85% devant les élèves (cela ne signifie pas que 15% des professeurs sont inoccupés, ces 15% correspondent aux décharges statutaires, aux professeurs affectés en zone de remplacement et ou aux sous-services qui limitent le potentiel d’enseignement) ; hors remplacement et décharges, la mission estime que 3 à 7% (2 000 à 4 500 ETP) de la ressource enseignante en lycée professionnel ne sont pas utilisés ; la mobilisation inégale des enseignants pendant les périodes de stage représente un coût d’opportunité de 4 000 ETP, soit près de 6% du potentiel d’enseignement" Les rapporteurs envisagent de récupérer 2000 à 8 500 emplois par la suppression des décharges et en faisant travailler les enseignants durant les périodes de stage par une annualisation du temps de travail. Pour les auteurs du rapport les périodes de stage ne créent pas du travail pour les enseignants : ils semblent ignorer que les élèves sont suivis et visités durant ces périodes.

Une autre source d'économie réside dans l'égalisation c'est-à-dire l'abaissement des dotations des académies (3 400 ETP) et l'amélioration du taux de remplissage des établissements. " Les effectifs d’élèves pourraient être accrus, à coût constant, de 15 à 27% selon les diplômes". Au total c'est 15 000 postes qui sont à supprimer dans l'enseignement professionnel. "Par ailleurs, des efforts doivent être réalisés en ce qui concerne les personnels non enseignants (3 000 ETP environ) pour l’ensemble de l’enseignement scolaire".

Le rapport contient une réponse du ministère qui montre la difficulté à appliquer certains points. Ainsi "si la proposition de réduire le nombre de diplômes est déjà largement à l’œuvre et ne peut que susciter l’assentiment, l’idée de concentrer l’offre de certification sur une vingtaine de branches et d’éliminer la plupart des spécialisations pour laisser les entreprises prendre en charge la formation spécifique de leurs salariés pose en revanche de réels problèmes. Elle supposerait la mise à l’écart de nombreuses organisations professionnelles en donnant à certaines fédérations déjà très puissantes une influence encore plus grande, conduirait à faire passer l'enseignement professionnel sous le contrôle de quelques grands groupes professionnels".

S'agissant de l'annualisation du service des enseignants, le ministre remarque que "les deux scénarios proposés par le rapport méritent de ce point de vue d'être analysés, sans préjuger à ce stade des économies qui peuvent aussi être générées et en rappelant la sensibilité extrême de la question de l'annualisation du service des enseignants. Il importe de souligner que la préconisation du rapport qui vise à améliorer le soutien des élèves par redéploiement des moyens ainsi économisés ne peut que rencontrer l'approbation du MENESR".

On pourra comparer ce rapport avec les rapports précédents. En 2002 le rapport Gauron, en 2004 et 2005, les rapports du HCEEE et Séré – Doriath avaient envisagé de modifier sensiblement cette filière. Mais l'approche était complètement différente. Ces rapports posaient la question de l'avenir des BEP tertiaire, jugés trop développés par rapport à leur débouché professionnel. Ils demandaient leur reprofessionnalisation pour en faire à nouveau des diplômes recherchés sur le marché de l'emploi. On mesure le changement d'angle…

Après leurs collègues des collèges et les lycées, les enseignants des lycées professionnels vont être une cible budgétaire. Avec cette particularité : s'attaquer à l'enseignement professionnel c'est faire des économies aux dépens des jeunes des milieux les plus défavorisés. Or on ne sache pas que des économies soient programmées pour les filières d'élite…

 

 

L'audit

http://www.audits.performance-publique.gouv.fr/bib_res/428.pdf

 

NDLR . C'est sans doute un audit dont la lecture , le sens et la portée ont du échapper à la direction du SNETAA,pour qu'elle n'ait pas jugée utile d'y consacrer  une information percutante! 

A moins qu'elle n'ait considéré qu'un AUDIT de ce type et à ce niveau qui s'inscrit dans la remise en ordre de l'ETAT  n'était que broutilles et  inconséquences,et bien sûr sans rapport avec la mise en oeuvre de la LOLF

Croc en jambe du SENAT au BAC PRO 3.

Lu sur www.cafépédagogiue.net

Un rapport du Sénat très critique

X. Darcos doit encaisser un coup porté parles rapporteurs de son budget au Sénat. Ceux-ci critiquent sévèrement la généralisation du bac pro en 3 ans. " La généralisation hâtive du baccalauréat en trois ans fait courir le risque de l'impréparation, avec les conséquences qui l'accompagnent naturellement. Votre rapporteure juge donc nécessaire de prendre le temps de la réflexion à ce sujet et de se déprendre de l'idée qu'il serait nécessaire d'appliquer le même traitement à toutes les filières. Les progrès futurs de l'enseignement professionnel se mesureront bien au contraire dans sa capacité à prendre en compte les besoins singuliers des élèves, sans chercher à leur imposer un rythme d'études en particulier, qui pourrait ne pas leur convenir" écrit la rapporteure. Elle dénonce un "pilotage qui semble manquer d'ambitions claires" et émet un avis défavorable à l'adoption de ce budget.

Rapport au Sénat

http://www.senat.fr/rap/a07-092-5/a07-092-550.html#toc414

 

RAPPART SENAT sur la LOI des FINANCES 2008  ENSEIGNEMENT SCOLAIRE

b) Encourager la poursuite d'études sans sacrifier le BEP : la question du baccalauréat en 3 ans

De manière semblable, votre rapporteure juge prématurée la décision de généraliser le baccalauréat professionnel en trois ans. Le ministère de l'éducation nationale estime pour sa part qu'il s'agit là d'un alignement bienvenu de l'enseignement professionnel sur les rythmes des filières générales et technologiques, qui contribuerait à répandre l'image d'une voie professionnelle aussi digne que les autres.

Au-delà de cette seule question, la généralisation du baccalauréat professionnel en trois ans doit surtout être envisagée du point de vue de la poursuite d'études : cet alignement peut-il réduire le nombre de sorties du système éducatif au niveau du BEP ou du CAP ? Certains des interlocuteurs rencontrés par votre rapporteure lors de ses auditions le croient. Cela permettrait en effet d'inciter à la poursuite d'études des élèves souvent plus âgés que la moyenne de ceux qui fréquentent les lycées généraux et technologiques, qui peuvent être tentés de rejoindre plus vite le monde du travail.

Par ailleurs, cela permettrait d'inciter à poursuivre vers le baccalauréat professionnel des élèves qui étudient dans des filières où le BEP ou le CAP ne permettent plus une insertion professionnelle rapide : c'est le cas en matière de comptabilité par exemple.

Dans cette hypothèse, votre rapporteure estime qu'un baccalauréat professionnel en trois ans est parfaitement justifié. Mais dans d'autres spécialités, le BEP ou le CAP ont encore une valeur réelle sur le marché du travail et il apparaît quelque peu hasardeux de vouloir en minorer l'importance.

Cela est d'autant plus vrai que, quelle que soit la filière, ces deux diplômes représentent un premier palier, une première reconnaissance qui est source de motivation pour des élèves souvent entrés au lycée en situation d'échec. Le caractère propédeutique du BEP doit donc aussi s'apprécier du point de vue de la remédiation : tous les professionnels auditionnés par votre rapporteure lui ont confirmé l'importance du palier symbolique que constitue le BEP ou le CAP.

Dans ces conditions, il apparaît peu pertinent à votre rapporteure de vouloir généraliser le baccalauréat professionnel en trois ans. Il serait plus pertinent de proposer ce cursus dans les filières où il se justifie, sans chercher à l'imposer dans des voies où le BEP et le CAP ont toute leur place.

Par ailleurs, votre rapporteure n'a pas eu le sentiment au cours de ses auditions que le ministère de l'éducation nationale était en mesure d'opérer rapidement cette généralisation, dès lors que la question de la certification intermédiaire qui pourrait être proposée en cours de scolarité, afin de remplacer le palier que constituait en particulier le BEP n'est manifestement pas encore réglée.

A ce stade, la généralisation hâtive du baccalauréat en trois ans fait courir le risque de l'impréparation, avec les conséquences qui l'accompagnent naturellement. Votre rapporteure juge donc nécessaire de prendre le temps de la réflexion à ce sujet et de se déprendre de l'idée qu'il serait nécessaire d'appliquer le même traitement à toutes les filières. Les progrès futurs de l'enseignement professionnel se mesureront bien au contraire dans sa capacité à prendre en compte les besoins singuliers des élèves, sans chercher à leur imposer un rythme d'études en particulier, qui pourrait ne pas leur convenir.

Au surplus, votre rapporteure tient à attirer l'attention du ministère de l'éducation nationale sur le caractère peu concluant des expérimentations menées jusqu'ici. Au-delà de l'enthousiasme quelque peu mystérieux manifesté par l'audit de modernisation précité, qui indique que « lorsque les conditions de réussite sont réunies, le baccalauréat professionnel [en trois ans] est une réussite », ce qui relève au mieux de la tautologie, au pire du paralogisme, les informations communiquées à votre rapporteure par le ministère de l'éducation nationale par voie de réponse aux questionnaires budgétaires permettent d'affirmer que « le baccalauréat professionnel en trois ans n'améliore pas l'attractivité des spécialités peu prisées. L'engouement pour le baccalauréat professionnel en 3 ans se porte principalement sur les spécialités les plus demandées des cursus standard. Pour les spécialités à grand flux, il peut offrir une réelle alternative. La coexistence sur même bassin de cursus de durées différentes (1,3 ou 4 ans) est viable et permet de gérer positivement l'orientation ou la réorientation des élèves selon leur profil. Pour les formations à petit flux, cette coexistence est souvent impossible, notamment dans les spécialités qui éprouvent des difficultés de recrutement. »

Par ailleurs, il apparaît également que « l'érosion sur le cycle est forte (22 %). L'érosion varie notablement selon la spécialité et semble globalement plus forte dans les formations les moins attractives. Très variable selon les établissements, elle illustre les disparités relatives aux modalités locales de recrutement, de suivi et de formation des équipes, voire aux modalités académiques d'orientation des élèves ou d'encadrement des équipes ; élément inquiétant, 77 % de ceux qui abandonnent n'ont pas le BEP ».

Au vu de tous ces éléments, votre rapporteure juge pertinent de proposer le baccalauréat en trois ans dans les formations les plus demandées, tout en maintenant une offre de rythme différenciée. Il lui apparaît cependant peu judicieux de vouloir étendre cette formule à toutes les filières, sauf à aboutir à une situation où non seulement nombreux seraient les jeunes à arrêter en cours de scolarité, mais où en plus ceux-ci sortiraient du système scolaire sans même un BEP ou un CAP.

 

Quand l'inspection générale soutient le BAC PRO 3 comme la corde soutient le pendu...;

LU  sur www.cafépédagogique .net

Le bac pro en 3 ans
" Au terme de quatre années qui ont suivi la création du baccalauréat professionnel en trois ans, si d'importantes réussites sont observées lorsque les conditions, d'ouvertures de sections, de recrutement des élèves, de mise en oeuvre des programmes, sont respectées, le bilan de la mise en place de ce parcours de formation est toutefois fortement contrasté. Ainsi, l'enthousiasme suscité lors de la mise en place de cette expérimentation, a laissé place parfois à une certaine perplexité voire à une réticence de la part des enseignants, des élèves ou des apprentis et des responsables institutionnels, compte tenu des difficultés de recrutement et d'une insuffisance d'encadrement". Le bac pro en 3 ans est-il une solution d'avenir ? "Non, mais" semble répondre l'inspecteur général Didier Prat dans son rapport remis au ministre de l'éducation nationale.
Il souligne "un déficit d'encadrement et de contrôle dans la mise en place du parcours" avec des situations très variables d'une académie à l'autre, le bac pro en 3 ans étant parfois utilisé pour "regonfler" une filière. Pédagogiquement, " la mise en place de ce baccalauréat, sans modification des contenus des programmes implique une sérieuse réflexion pédagogique et un important travail d'adaptation des formations à partir de deux référentiels (celui du BEP et celui du Bac. Pro.). L'organisation de la formation est aujourd'hui à la charge exclusive des équipes pédagogiques qui éprouvent des difficultés de planification de leurs activités". ce qui se traduit par de sérieuses difficultés.
Pour D. Prat, " il y a lieu encore de souligner qu'une grande majorité d'élèves ne peut pas suivre un parcours vers un baccalauréat professionnel en trois ans au terme du collège". Il recommande d'établir un cadrage national sur les ouvertures et de donner des indications nationales sur les critères d'orientation en fin de 3ème.
http://www.ladocumentationfrancaise.fr/rapports-publics/054000755/index.shtml

Bacs Pro 3 : JL Mélenchon tacle Darcos

Extrait du BLOG de JEAN-LUC MELENCHON

Aujourd’hui je fais cette note pour donner en quelque sorte la parole à ceux qui ne l’ont jamais : les méprisés, les dédaignés par toute la bonne société éducative, les élèves de l’enseignement professionnel et leurs enseignants. Certes ce n’est pas la grande Actualité ! C’est bien moins excitant que la lecture comparée des dernières hagiographies mutuelles entre socialistes. Mais c’est l’essentiel à mes yeux : la préparation de la suivante génération des ouvriers, techniciens et employés hautement qualifiés sans lesquels ce pays ne serait rien, les producteurs de l’immense masse de richesse si injustement répartie en dépit de leurs efforts.....

Extrait de l’intervention au SENAT de JEAN LUC MELENCHON ,ancien ministre, dans le débat sur le budget de l’enseignement scolaire.

Les différentes catégories sont toujours les mêmes : il y a ceux qui n’y connaissent rien et qui ne veulent pas en entendre parler et les têtes d’oeufs qui ont trouvé la bonne occasion de faire des économies : réduire, réduire et encore réduire les budgets. Le ministre, quel qu’il soit et même s’il n’en pense pas moins, est obligé d’accepter, car il est membre du gouvernement.
La grande trouvaille consiste à réduire le budget de l’enseignement professionnel en comptant sur sa prise en charge par le secteur privé, grâce à l’apprentissage. Or, si celui-ci fonctionne très bien pour les métiers où le tour de main et le geste sont essentiels et où la connaissance se transmet visuellement, en revanche, il est plus délicat pour tous les autres métiers. Car le niveau technique s’est considérablement élevé et un haut niveau de connaissances générales est devenu nécessaire.
Nous avons besoin d’ouvriers titulaires d’un diplôme de CAP, mais aussi, et surtout, d’un plus grand nombre de détenteurs d’un bac professionnel. C’est le coeur de l’affaire. Que se passe-t-il aujourd’hui ? Je sais que M. le ministre veut bien faire, car il écrit des communiqués touchants où il déclare que, pour améliorer l’accès au bac professionnel, celui-ci se passera en trois ans au lieu de quatre aujourd’hui (2 ans pour le BEP puis 2 ans pour le bac pro). Je souhaiterais formuler deux remarques à ce propos.
C’est d’abord une question de classes. L’objectif de 80 % d’une classe d’âge au niveau du baccalauréat a commencé à être remis en cause lorsque nous sommes parvenus à peu près à ce pourcentage pour les filières de l’enseignement général. Et pourtant, au total, le résultat n’est que de 60 %. Où est la différence ? Dans l’enseignement professionnel, où la moitié de nos jeunes ne vont pas jusqu’au bac professionnel et s’arrêtent au BEP.
Là se joue la promotion des travailleurs et des milieux populaires. Il faut comprendre pourquoi les choses ne se passent pas aussi bien qu’on le voudrait. Et apporter des solutions concrètes, techniques.
Pour quelles raisons croyez-vous que les jeunes ne vont pas jusqu’au bac professionnel ? Parce qu’ils s’ennuient à l’école ? Non, ce n’est pas le sujet car souvent ils se reconstruisent dans l’enseignement professionnel. En premier lieu, ils doivent suivre des remises à niveau qui demandent un peu plus de temps. En second lieu, toutes les filières ne sont pas au même endroit. Si un jeune réussite son BEP et qu’il veut continuer en Bac Pro, il doit parfois se déplacer dans la ville d’à côté. Or il n’y a que les petits bourgeois qui croient que toutes les familles possèdent deux voitures ! Que fait le jeune ? Il quitte l’école pour l’emploi en espérant que les choses s’arrangeront. Par ailleurs, beaucoup de lycéens professionnels sont pères ou mère de famille - d’après les statistiques, la moyenne d’âge des effectifs de l’enseignement professionnel est plus âgée -, et il faut qu’ils mangent. Donc, si l’on veut les amener à un niveau suffisant de qualification pour le bien du pays, il convient de leur donner les moyens matériels de continuer leurs études.
Telle est la clé de la situation, au lieu de raccourcir la durée de formation pour accéder au bac pro. Vous vous trompez, monsieur le ministre, car vous avez été mal conseillé. Je sais qui se charge de ce boulot depuis des années : les grands trouveurs de Bercy et les grands intelligents de l’Union des industries et métiers de la métallurgie, l’UIMM.
Monsieur le ministre, on parle souvent des permanents ouvriers des syndicats, mais méfiez-vous des permanents patronaux. Certains n’ont pas mis les pieds dans une boîte depuis quinze ou vingt ans
. Cela ne les empêche pas de vous expliquer comment former les ouvriers. Je considère qu’ils sont aussi suspects que ceux qui n’y ont jamais travaillé. Surtout lorsqu’ils relaient des trouvailles comme celle de l’UIMM visant à ramener la formation du baccalauréat professionnel à trois ans.
L’IUMM souhaite un bac pro en trois ans pour plusieurs raisons. D’abord, ils pensent aux économies qui résulteront de la diminution du temps de formation. Ensuite, ce sont des partisans acharnés d’un partage aberrant entre l’éducation nationale et le monde de l’industrie : l’éducation nationale s’occupe des connaissances générales - comme ils disent - et eux certifient les compétences professionnelles.
La délivrance d’un certificat de compétences est au coeur de la polémique entre le système républicain de l’enseignement professionnel et les organismes anglo-saxons qui ont partout validé ce certificat.
Le certificat de compétence, c’est le piquet qui tient le travailleur à la gorge. Un diplôme qui garantit une qualification permet la garantie durable d’un salaire dans les conventions collectives. En revanche, un certificat de compétence n’a de durée que la durée du produit fabriqué. Un certificat de compétence, dans le secteur de l’automobile, a une durée de cinq ans et la durée de vie d’une automobile est de sept ans sur le marché.
Voilà pourquoi la question scolaire est toujours une question sociale. Et elle nous renvoie à l’idée que nous nous faisons du développement de notre patrie républicaine.
Monsieur le ministre, c’est une erreur de généraliser le bac pro à trois ans. Un chiffre le prouve. Aujourd’hui, le baccalauréat professionnel se prépare en quatre ans - les études courtes professionnelles m’ont toujours fait sourire. Mais il faut savoir que 20 % des jeunes qui arrivent aujourd’hui au bac pro ont eu besoin d’une année cinquième année. On voit mal comment ils s’en sortiront en trois ans !
Monsieur le ministre, je plaide pour la jeunesse ouvrière, je plaide pour les travailleurs, je plaide pour le développement de notre pays en tant que puissance industrielle. (Applaudissements sur les travées du groupe socialiste et du groupe CRC.)

NDLR :les surcharges du texte sont le fait de la rédaction du blog

 

Un parmi les 40 commentaires  publics de l’intervention publiée:

Merci à Jean-Luc Mélenchon pour avoir pris la défense de l’enseignement professionnel. Il semble en effet que seule la logique budgétaire soit le moteur de cette réforme: Moins de BEP (jusqu’à leur disparition totale), donc des économies de postes/ Davantage de CAP, mais pas d’augmentation de postes (l’apprentissage prenant le relais) et de surcroît, des économies en matière d’examen (les CAP étant des diplômes qui se préparent en contrôle continu). Et effectivement baisse générale du niveau de qualification des jeunes: Un certain nombre de nos élèves poursuivent, après le BEP, un Bac Pro. Mais si on leur avait dit, au sortir de la 3ème (élèves qui souvent peinent au collège) qu’ils allaient suivre une formation Bac Pro, beaucoup auraient refusé. On aurait pu penser un Bac professionnel en 3 ans afin de ne pas pénaliser les jeunes qui en avaient les moyens mais seulement et seulement si cette formation s’était ajoutée aux offres de formation actuellement existantes. Aujourd’hui malheureusement, ce genre de projet semble relever de l’utopie. Si comme vous le dîtes Monsieur Mélenchon, c’est l’enseignement professionnel qui passe d’abord à la trappe, il faudra également être très attentif aux diplômes car cette réforme risque fort de s’accompagner du contrôle en cours de formation. Nous savons que le danger est grand alors de voir les établissements, par ce biais, être soumis à concurrence. Les professeurs pourront-ils restés neutres dans leur évaluation? Si le lycée est réputé, les classes sont pleines et les postes ne sont pas en ballottage… Quel crédit auront alors ces diplômes? Si l’on émettait l’idée que le Bac Général se passe sous forme de contrôle continu, ce serait un tollé général! Mais le Bac Professionnel, qui en parlera?

Huet Caroline

Les bacs pro en trois ans, ou comment gé(né)rer la pénurie

source;Un Nouveau Guide pour les Enseignants Documentalistes

http://4tous.net/nged/spip.php?article459

L’enseignement professionnel en cours de mutation discrète

mardi, 2 octobre 2007

/ André Montagne

Depuis cinq ans environ, les LP ont la possibilité d’offrir un nouveau cursus vers les bac bro. La structure normale de la formation est celle-ci : après la troisième, l’élève prépare un BEP en deux ans, puis un bac pro en deux autres années. Or des mesures dérogatoires sont maintenant autorisées pour amener l’élève de troisième au bac pro en trois années seulement. Le souci est que les enseignements sont censés rester les mêmes qu’en quatre années, mais avec 25% de réduction du temps de travail, et par là même 25 % des moyens récupérés par l’administration. À la rentrée, le chiffre officiel faisait état d’une augmentation de 66 % des moyens mis dans l’enseignement professionnel depuis vingt ans, sans augmentation aussi significative du nombre de diplômés. Bref, la logique comptable frappait de nouveau.

Cette logique du bac pro en trois ans est concomitante à celle de la labellisation "lycée de métiers", déclarée voie d’excellence, et permettant aux heureux établissements lauréats d’obtenir plus de moyens. Mais pour devenir "lycée des métiers", il faut passer sous les fourches caudines du bac pro nouvelle mouture, et donc, à la clé, abandonner les formations aux BEP. C’est ainsi que la comptabilité publique résout ses déficits en réduisant ses coûts. Il s’agit donc d’une pure logique comptable contre une logique de formation, et donc deux exigences qui ne peuvent s’accorder spontanément. La voie en trois ans, pour l’instant dérogatoire, semble promise à un bel avenir, et il est à parier qu’elle deviendra la norme.

Cette norme est une tendance liée à un autre phénomène très inquiétant : la privatisation des formations aux CAP. De plus en plus de ces formations sont sorties de l’enseignement public pour être confiées à des CFA privés, privés surtout des moyens de mettre en oeuvre des formations dignes de ce nom.

Les CAP privatisés, les BEP éliminés, ont comprend donc que la logique comptable sera celle qui primera sur la logique humaine. Nous savons désormais vers quoi nous tendons. L’enseignement général n’a qu’à bien se tenir...

André Montagne

BEP, les damnés du système scolaire

Lu sur le site Libération-fr  

Samuel Johsua professeur en sciences de l’éducation, université de Provence.

QUOTIDIEN : jeudi 20 décembre 

Encore une marque de l’exception française, en principe la scolarité y fait «système». Et, cas rare en Europe, la formation initiale professionnelle fait partie intégrante de la scolarité d’Etat. Particularité que d’année en année les libéraux de droite et de gauche n’ont de cesse de vouloir éliminer. Dernier coup de boutoir en date venu de Xavier Darcos, la décision supprimer les BEP (préparés en deux ans) au profit des bacs professionnels (prévus en trois ans d’études). Après une diminution drastique dès l’an prochain, leur sort est scellé : dans une note du 20 octobre transmise aux proviseurs, le ministre indique clairement : «L’année 2008 sera mise à profit pour préparer la généralisation des baccalauréats professionnels en trois ans.» Comme nombre de mesures du gouvernement Sarkozy, celle-ci relève de ces décisions qui tombent comme un couperet. Aucune information, pas de concertation, masquage hypocrite des objectifs véritables de la réforme. Ceux-ci sont liés à une pure visée d’économie.

En effet, une proportion élevée de 46 % de titulaires du BEP, dont le niveau à la sortie du collège ne permettait pas d’imaginer d’emblée un bac pro, poursuit ensuite vers ce diplôme. En pratique, cela signifie qu’ils l’obtiennent alors en quatre ans ; la réforme vise donc à les priver d’une année d’études. Et le recul récent du ministre, acceptant que formellement un diplôme au nom de BEP puisse être délivré au cours de ces trois ans, n’y changera rien. Une année sera perdue. Par ailleurs, une forte proportion de ceux qui s’engageaient hier en BEP sera demain découragée d’entreprendre un bac pro. Ces élèves seront alors dirigés hors du système d’Etat, vers des structures de formation à l’apprentissage relevant du privé ou des collectivités territoriales. Nouveau bénéfice pour le budget national, nouveau coup porté au système public. Quant à ceux, nombreux, qui n’ont pas atteint 16 ans à l’issue du collège, mais dont le niveau ne permettra pas de s’engager vers le bac pro, ils sont bons pour un redoublement de la troisième, en pure perte la plupart du temps. Où l’on voit que la recherche effrénée d’économies budgétaires à un niveau peut se payer de frais inutiles à un autre niveau, tout en renforçant les difficultés du collège à faire face à ses obligations.

Chaque contre-réforme éducative est conduite depuis plus d’un quart de siècle au nom des élèves en forte difficulté. Au final, ce sont pourtant eux qui à chaque fois payent un prix de plus en plus lourd. Véritable deuxième chance donnée à des dizaines de milliers d’entre eux, la préparation d’un BEP dans un lycée professionnel public (et pour certains, ensuite, celle d’un bac pro) était de trop. Certes, l’entrée dans la vie active est devenue un chemin de croix pour toute une génération, promise à la précarité. Mais pour ceux dont les origines sociales sont modestes, c’est encore plus dur. Des damnés du système scolaire. Sarkozy nous a expliqué que les événements de Villiers-le-Bel n’étaient en rien liés à une crise sociale. Dans les quartiers populaires, celle-ci est pourtant permanente et multiforme. Elle est préparée par les politiques libérales entièrement favorables aux classes privilégiées, et qui se déclinent par une multitude de mesures dont la logique semble échapper à la gauche institutionnelle. Quand la jeunesse se soulèvera de nouveau dans les banlieues, combien se souviendront des mesures Darcos contre les BEP ?

Lu :académie de ROUEN

La réforme des Bacs pros soulève la contestation des enseignants

Un préavis de grève pour le mardi 15 janvier a été déposé dans les lycées professionnels de l’Académie de Rouen par les syndicats d’enseignants FO, CGT éducation, FSU et Sud éducation. Un rassemblement est prévu devant le rectorat en début d’après-midi. Les professeurs réclament le retrait de la réforme des filières qui prévoit la généralisation des Bacs professionnels en trois ans au lieu de quatre comme actuellement. Les manifestants redoutent une réduction des capacités d’accueil et des suppressions de postes. Selon la réforme, au lieu de préparer un BEP en deux ans, puis de préparer un Bac Pro les deux années suivantes, les élèves seraient recrutés en Bac Pro dès leur sortie du collège et suivraient une formation de 3 ans.
« Le rapport de l'Inspection Générale de l'Education Nationale qui a évalué en 2005 les expériences de Bacs en 3 ans a conclu qu'une grande majorité d'élèves ne peut pas suivre un parcours vers un Bac professionnel en 3 ans au terme du collège. Que deviendront les élèves qui ne pourront pas suivre le rythme. Rien n'est prévu pour eux », remarque pour la CGT Didier Germain-Thomas. Au-delà de ces recommandations pédagogiques,,, l'objectif du ministère serait triple : « diminuer le nombre de places offertes dans les lycées, augmenter les effectifs par classe et réduire le nombre de postes d’enseignants ».
Selon l’intersyndicale, 255 places d’élèves et 85 postes d’enseignants seraient ainsi menacés dans l’Académie qui totalise 38 lycées professionnels (dont 9 privé sous-contrat) pour 22.524 élèves en septembre 2007.

vendredi 18 janvier 2008

au détour des académies

Lu sur se-unsa22;over-blog.com

Bac pro en trois ans :

une méthode brutale et cyniquement comptable


Tract Académique intersyndical

clip_image001ans une note aux recteurs en date du 29 octobre, Xavier Darcos fixe brutalement et sans aucune concertation, ni avec les personnels, ni avec les régions, des objectifs de remplacement de divisions de première année de BEP par des 1ères années de bac pro en 3 ans. La mesure est présentée comme une première étape en vue de la généralisation du bac pro en 3 ans. Cette décision ne tient aucun compte des conclusions récurrentes des différents rapports et bilans effectués depuis le lancement de l’expérimentation à la rentrée 2001 (rapport IGEN STI en 2003, rapport IGEN en 2005, bilan statistique MEN en 2006). Ces trois études indiquent que le bac pro en trois ans ne peut être généralisé à l’ensemble du public. Ce serait nier à la fois les difficultés scolaires importantes que présentent un grand nombre d’entre eux, le temps nécessaire à la construction d’un projet positif de formation, et la spécificité des formations débouchant sur une insertion professionnelle.

Le SE-UNSA ne peut accepter que les élèves les plus fragilisés ne trouvent plus de parcours de réussite dans le service public d’éducation. Il soutient une diversification des parcours vers le bac pro mais s’oppose résolument à une généralisation motivée par les économies budgétaires ! Le parcours en 4 ans doit rester possible.

Le SE-UNSA dénonce une approche comptable cynique de la « revalorisation » de la voie professionnelle et exige une autre démarche pour assurer la réussite des jeunes : des dotations horaires permettant une prise en charge plus individualisée, du temps de concertation pour les équipes, un soutien aux pratiques pluri-disciplinaires.

Le SE-UNSA sollicite des audiences au niveau national et académique. Il y défendra, ainsi que dans toutes les instances, l’intérêt des élèves et des enseignants.

Paris, le 26 novembre 2007

Luc BERILLE
Secrétaire Général

Communiqué du SNPDEN

L’enseignement professionnel

Dans le cadre de la revalorisation de l’enseignement professionnel, et dans le souci d’augmenter le niveau de qualification professionnelle des élèves, le SNPDEN est favorable au développement de baccalauréats professionnels en 3 ans.
Mais il condamne la précipitation qui consiste à supprimer, à marche forcée, les formations au BEP. Cette planification autoritaire peut compromettre l’évolution nécessaire des formations professionnelles. Le SNPDEN souligne en effet que l’obsession du chiffre à réaliser risque d’entrer en contradiction avec les critères mentionnés par les mêmes autorités, pour tenir compte des publics accueillis et des perspectives d’insertion.
Les formations de niveau V doivent être maintenues lorsqu’elles sont utiles et ne devront pas être exclues du schéma de poursuite d’études.

Dans cette perspective, de véritables passerelles doivent être prévues. Une réflexion doit accompagner l’évolution des formations professionnelles. Celles-ci doivent favoriser une insertion réussie tout en tenant compte des besoins du public scolaire, considérations qui doivent rester prioritaires.

Non au Bac Pro en 3 ans : mobilisons nous toutes et tous le 18 décembre

LU SUR LE NET  Académie de STRASBOURG

vendredi 7 décembre 200

Pour le retrait de la note ministérielle sur les Bac pro en 3 ans.

Le mardi 4/12/2007, les organisations syndicales soussignées ont participé à un groupe de travail préparatoire au CTPA du 18/12/2007, dont l'ordre du jour était l'offre de formation, notamment la suppression des BEP, remplacés par les Bac Pro en 3 ans. Ce groupe de travail était présidé par le Secrétaire général du rectorat, M. Pierre.

Lors de ce groupe de travail, Les organisations syndicales ont exigé le retrait de la note ministérielle sur les Bac pro en 3 ans, dont l'application aurait pour conséquences :

  • l'affaiblissement du contenu de l'enseignement, tant professionnel que général,

  • la non prise en compte des difficultés des élèves, pourtant soulignées par le rapport de l'IGEN,

  • l'exclusion de fait des élèves les plus en difficulté,

  • la disparition du BEP, principal diplôme de niveau V,

  • la disparition des 1ères d'adaptation, classes passerelles vers le bac technologique,

Dans son rapport sur l'expérimentation, l'IGEN estime que ce dispositif n'est " qu'un élément de réponse qui ne concerne qu'une faible partie du public."

La note du ministre relève donc d'une logique purement financière dont le but est de supprimer massivement des postes d'enseignants dans le cadre du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux.

Un document de travail a été présenté par l'administration aux organisations syndicales, mais le Secrétaire Général a dit que ce document pouvait être modifié, car les recteurs étaient en réunion le même jour avec le ministre.

D'après le document présenté, l'administration procéderait à la transformation en Bac pro 3 ans des BEP suivants : 99% des BEP Vente Action Marchande, 2/3 des BEP Electricité, Electronique, Productique Mécanique, 50% des BEP Comptabilité, Secrétariat, Hotellerie-Restauration, Maintenance Industrielle, 1/3 des BEP Véhicules à Moteur, entre autres …

Par ailleurs, le recteur profiterait de la réforme pour fermer d'autres BEP.

Il faut prévoir une réduction de 25% de la capacité d'accueil des élèves au bout de quatre années et une réduction correspondante des postes d'enseignants. Par exemple, le lycée Jean Geiler passerait de 336 à 270 élèves dans les sections concernées par le Bac Pro 3 ans et la SEP Lazare de Schwendi de 252 à 207.

Le Secrétaire général n’a pu donner d’informations ni sur la réforme des Bac technologiques, ni sur les nouveaux diplômes, ni sur les conséquences pour les enseignants de ces mesures. Ni les contenus enseignés, ni les maquettes de diplômes, ni les grilles horaires ne sont prêts.

Les organisations syndicales ont souligné les conséquences particulièrement catastrophiques pour les établissements ruraux isolés tels que ceux de Guebwiller, Schirmeck, Sarre Union.

A l’occasion du CTPA qui se tiendra le 18/12/2007, les organisations syndicales soussignées appellent les enseignants et personnels des Lycées professionnels :

  • à se réunir en assemblées générales dans les établissements,

  • à participer à une réunion intersyndicale à 10 heures à la Maison des Syndicats, 1 rue Sédillot à Strasbourg, salle A,

  • à se rassembler à 14h devant le rectorat, (6 rue de la Toussaint à Strasbourg).

SN-FO-LC, SNUEP-FSU, CGT Education, SE-UNSA, ,SNETAA-EIL, SUD Education

Académie de CRETEIL: Tous ensemble..

Communiqué de l’intersyndicale second degré Créteil du 7 janvier 2008 CGT Educ’Action, SNES-FSU, SNUEP-FSU, SNFOLC, SUD Education, CNGA-CFE-CGC, SGEN-CFDT, SUNDEP, SNPEFP-CGT

180 bac pro en 3 ans rentrée 2008 contre 48 cette année !

Voilà ce que le ministre appelle la « concertation » dans son « protocole » ! !

jeudi 17 janvier 2008

C’est l’annonce du Recteur lors de l’entrevue de l’intersyndicale le 19 décembre, précisant que 31% des élèves s’orientant vers l’enseignement professionnel seront accueillis dans ces sections contre 7% cette année (le même phénomène va se développer aussi dans l’enseignement privé).

L’intersyndicale du second degré de Créteil réunie le 7 janvier 2008, invite les personnels à se réunir en AG, à signer et faire signer la pétition intersyndicale ci-dessous : « Non à la généralisation du bac pro en 3 ans ! Maintien des BEP 2 ans et des BAC PRO 2 ans », invite les représentants d’un maximum d’établissements à être présents JEUDI 17 JANVIER à 8H30 devant le rectorat à l’occasion du CTPA (comité technique paritaire académique), porteurs des signatures et des revendications de leur établissement. Les signatures seront déposées au recteur ce jour là. Une conférence de presse est convoquée devant le rectorat pour rendre compte des réponses du recteur à notre demande simple : « suspendez toutes les mesures de suppressions de BEP et de généralisation de bac pro en 3 ans ! »

Un préavis de grève est déposé par l’intersyndicale.

Une intersyndicale région parisienne est convoquée pour vendredi 11 Janvier à 18H.

Dans tout le secondaire, le ministère a prévu 637 suppressions de postes à Créteil rentrée 2008 !

Nous sommes tous concernés !

jeudi 17 janvier 2008

Rompre les amarres

20[1]

"C’est moins le bruit des bottes qu’il nous faut craindre aujourd’hui que le silence des pantoufles."    (Anonyme )