mercredi 16 janvier 2008

BAC PRO EN 3ANS: Oublier l' histoire et en changer le sens?

 

DOSSIER

Diviser pour régner

Le débat ouvert par le MINISTRE de l’Education pour généraliser le développement des Bacs Pro en trois ans dont l’expérimentation a eu ,à plusieurs reprises depuis 2000, maille avec la justice et le protocole auquel il a donné naissance, avec l’appui remarqué du SNETAA, ne sont pas sans interroger dans le monde des personnels de l’enseignement professionnel

on peut lire des contestations ,parfois même virulentes comme « A la mode des protocoles pourris, le SNETAA ne vaut pas mieux que le Snuipp »( www.syndicalisme.wordpress.com).

Il y aurait mêmes de la démission syndicale dans le champ du débat.

L’heure n’est pas à la convergence et à l’unité.

Le ministre est ainsi parvenu à diviser durablement les organisations syndicales, pour le moins jusqu’à l’échéance des prochaines élections professionnelles.

Diviser pour régner est une des stratégies des protocoles ,lorsqu’on sait choisir son moment

Elle a porté ses fruits

En bref ,il n’y a pas de quoi satisfaire une âme syndicale bien née ou bien trempée !

Il est vrai que de surcroît le paraphe protocolaire du SNETAA l’a conduit non seulement à prendre le contre pied de ses mandats actuels(voir les articles déjà publiés dans Point de Vue), mais aussi à tourner le dos à son histoire en révisant le sens de sa participation à sa rédaction

 

Le SNETAA à contre-pied de ses mandats

*On peut lire par exemple dans la motion « enseignement professionnel et projet d‘école rapportée par JP ARDON au XXXIII° congrès du SNETAA(mai 2004), votée à la quasi unanimité des militants et responsables

« La perspective du Bac Pro 3ans, 3ans à la place de 4 il fallait y penser , est un cheval de Troie de l’option du sempiternel Bac traditionnel « ,option professionnelle.» On y voit bien le retour ,comme le voulait déjà MERIEU, du bac à options industrielle, commerciale ou métiers d’art. Cette dérive relevant d’un pédagogisme dogmatique avait été retiré par un précédent ministre sous la pression du SNETAA .

C’est donc non au BacPro 3ans.

.La disparition du Bac Pro 2ans mis aussi du BEP, voire des CAP y donnant accès ,est un risque important.

Ces réformes pédagogiques débouchent sur une volonté d’affaiblissement du lycée Professionnel »

*Adoptée par128 voix contre 1, la résolution générale du Conseil National Elargi (CNE) du SNETAA d’avril 2003 mêlait à juste titre la question du lycée des métiers et celle du Bac Pro en 3ANS qui en est le fondement.

Elle dénonçait: « l’hypothèque de la  mécanisation des parcours éducatifs vers le BAC par rapport à la volonté croissante d’un certain nombre de jeunes de choisir des formations courtes dans un parcours éducatif conçu par étapes.

Le Lycée des Métiers est le vecteur de la dualisation du cursus d’enseignement professionnel marqué par un niveau V(CAP pou BEP) en 2ans et un niveau IV(Bac Pro) en deux ans. Ce schéma pédagogiquement viable est menacé par le Bac Pro 3 ans, par ailleurs reconnu par la justice administrative non conforme aux textes réglementaires actuels.

LE CNE condamne avec la plus grande fermeté chacune des expérimentations académiques en matière d’implantation du Bac Pro en 3ans après la troisième. C’est remettre l’éducation aux mains du secteur privé :en l‘occurrence, remettre l’Enseignement Professionnel Industriel aux appétits de l’UIMM ».

 

RENOUER AVEC L'HISTOIRE et par son entremise comprendre la pensée et les choix du SNETAA

Le lecteur soucieux d’une histoire syndicale et d’une culture dont le privilège de la jeunesse ne lui a pas permis d’être acteur, trouvera dans les textes récents publiés cette année par le blog, mais également dans ceux publiés en décembre 2007 (cliquer dans la colonne de droite sur ARCHIVES), des repères fiables pour juger de la pensée et des choix de notre syndicat avant la récente signature à contre-culture du protocole ministériel sur les BACS PROS en trois ans.

Pour autant, les témoignages d’analyse développés ci dessous sont également essentiels, en ce qu’ils en expliquent la charpente et les motivations;

Les considérants syndicaux sur les Bacs Pro 3 ans peuvent en effet être lus au travers de trois débats historiques 
I L’appellation bac, et le diplôme unique, fer de lance du lycée unique et de la perspective d’un naufrage annoncé de la spécificité et des structures propres de l’enseignement professionnel.

2 l’expérimentation, force de frappe de la dérèglementation et de la mise en œuvre d’une politisation des choix éducatifs, outil d’une gestion circonstancielle des moyens.

3 le transfert de la formation professionnelle initiale vers l’apprentissage en raison du refus du système éducatif d’ouvrir ses portes à la préparation en son sein à la professionalité.

 

LE Bac PRO : aspirations ou réves multiformes à un statut de plus grande convenance sociale ?

L’appellation BAC est née en 1985, en corollaire de l’élitisme républicain de MR CHEVENEMENT.

Elle a été renforcée en 1989 par la rhétorique sur la disposition phare de la loi d’orientation sur l’école « La nation se fixe comme objectif de conduire d’ici dix ans l’ensemble d’une classe d’age au minimum au niveau du certificat d’aptitude professionnel ou du brevet d’études professionnelles et 80% au niveau du bac »

.C’est cet objectif aujourd’hui obsolète que certaines organisations et certains militants engagés tentent de faire rebondir pour donner une légalité au dérapage insidieux vers 1OO% au BAC !

Chacun comprend que l’effet immédiat d’une telle évolution, si elle prenait corps, serait de poser le débat qu’attendent ceux qui en sont à la source : celui de la réunification des bacs en un seul à option ,pilier d’un lycée réunifié .

C’est bien, semble t il, le chemin emprunté par le ministre dans sa déclaration du 06 septembre 2007 : « le baccalauréat professionnel est un véritable baccalauréat et doit être valorisé .C’est pour cela qu’il doit être préparé comme tous les autres baccalauréats »

Position idéologique, d' ailleurs  immédiatement battue en brèche par sa proposition de ne réserver l’accès aux BTS qu’aux seuls BAC PRO titulaires D’UNE MENTION !.

C’est bien le chemin emprunté par le ministre dans la perspective qu’il construit vers une liquidation du niveau V dans Les LP pour en confier le monopole de préparation à l’apprentissage.

Ce serait alors la réédition de l’opération collège unique ,avec l’externalisation progressive vers l’apprentissage d’un pan entier de l’enseignement professionnel devenu une coquille vide grace à la fermeture des BEP et l’extinction qui s’en suivrait de l’orientation vers ces formations.

Ce serait la réduction conséquente de l’ effectif total des lycées professionnels ,la baisse conséquente du nombre de PLP et l’affaiblissement programmée de la force de leur corps placé dans le lycée unique en position de faiblesse d’affrontement avec les certifiés,

N’en déplaise à ceux qui dénoncent la « désinformation », Il semble clair que les propositions actuelles sur les Bacs Pro en 3 ans participent de ce chemin vers le lycée unique et portent en germe le démantèlement des Lycées professionnels

Historiquement l’appellation BAC, distincte du choix unanime de conduire l’enseignement professionnel au niveau IV, et les risques d’une telle dénomination ont fait l’objet d’un premier débat de fond dans le SNETAA lors du CONSEIL national de BELLEGARDE dans les années 1985.

Nombre de militants percevaient déjà que l’approche CHEVENEMENT ouvrait en particulier la voie vers un enseignement professionnel a deux vitesses.

En dépit des revendications du SNES et de la CGT de l’époque pour un statut de »prof de lycée à part entière ,c’est a dire un corps unique de certifié, la réforme préserva heureusement la spécificité des enseignants du secteur.

Mais elle consacra un corps à deux grades étanches, rompant avec l’unité du corps précédemment recherchée et obtenue par les personnels.

Il fallu ensuite au SNETAA 15 ans de combat pour restaurer l’unicité du corps et compenser sa cécité excessivement volontaire de 1985.

Il est vrai qu’à Bellegarde le secrétaire pédagogique de l’époque, proche de la direction de la FEN et à mon sens insuffisamment vigilant sur l’indépendance syndicale, avait pesé de son crédit en exploitant le dogme selon lequel professeur de lycée et encore plus prof de bac, cela sonnait bien pour les cartes de visites, pour les revendications, et dans de nombreuses têtes …..

Suffisamment pour balayer les interrogations sur le financement de la réforme qui se fit à coup de suppressions massives et discrètement programmées de CAP TROIS ans, assurant leur transfert vers un apprentissage promu monopolistique sur ce diplôme et autorisant ce dernier à se construire un véritable secteur réservé;

Suffisamment pour que s’ouvre quelques années après le concept rhétorique d’un BEP consacré et proclamé, propédeutique du baccalauréat

Au bilan 100 000 élèves de moins pour un enseignement professionnel qui s’est ensuite vu interdire de les reconquérir

.Le basculement aujourd’hui des Bacs PRO en 4ans vers des Bacs en trois ans annonce une nouvelle chute globale d’effectif de l’enseignement professionnel qui pourraient être d’une importance similaire. Le rapport de force critique avec l’apprentissage pourrait alors être durablement et significativement modifié au point de s’interroger sur son retournement

De ce point de vue, une fois encore, les cris d’orfraies poussés ici ou là sur la « désinformation »ne sauraient masquer des réalités à venir incontournables. si ce n’est pas inéluctables

 

Puis survint JOSPIN et l’ambition généreuse et humaniste des«  80%au bac », activement soutenue par la FEN, notre fédération de l’époque.

Elle donnait certes au BAC PRO des lettres de noblesse dans un engagement collectif national qui ne pouvait pas être atteint sans son apport.

Elle renvoyait à une perspective de démocratisation avec la perspective d’une massification vers l’université .

Pour autant elle construisait et nourrissait, ce faisant,  contre l’enseignement professionnel l’idée selon laquelle il n’y aurait que l’enseignement supérieur pour délivrer les compétences et certifier les qualifications en direction de l’emploi ;

Elle renforçait ainsi les bases de sa déconsidération et de son rejet social.

Jospin n’a donc trouvé dans le SNETAA lors de la loi sur l’école qu’un soutien modéré. voire réservé

Se prononçant sur la loi d’orientation Michel CHARPENTIER Secrétaire Général écrivait notamment dans son éditorial de L’Apprentissage Public de mai 1989 :

« On serait en droit d’attendre du projet de loi qu’il apporte des réponses précises à des questions essentielles :

QUELLES sont les responsabilités et les compétences de l’éducation nationales dans la formation professionnelle des jeunes ?

COMMENT s’articule le passage du collège au lycée professionnel?

QUE seront les lycées de DEMAIN ? L’intention du ministre est-elle de consolider les trois voies de formation actuelles(lycées d ‘enseignement général ,lycées technologiques ,lycées professionnels )ou au contraire d’aller vers des lycées polyvalents qui nieraient la spécificité des lycées professionnels et accentueraient la déprofessionnalisation de l’Education Nationale au profit de l’apprentissage?

La spécificité de la filière professionnelle qui n’exclut évidemment pas des échanges avec les autres lycées par des classes passerelles est en effet une condition primordiale pour l’avenir.

La réponse à ces questions a été soigneusement évitée….

Pour ces raisons, le SNETAA a voté en abstention sur le projet de loi lors de la séance du conseil supérieur de l’Education Nationale."

On connaît la réponse qui fut ensuite apportée :la disparition des lycées techniques, l’offensive de création des lycées polyvalents, le chemin détourné du lycée des métiers pour intégrer l’apprentissage.

Le débat d’aujourd’hui donne le sentiment fort que les questions au fond soulevées par Michel Charpentier, il y a prés de 20 ans restent posées et que l’histoire repasse à nouveau les plats.

 

Trois ans plus tard, les plus chauds partisans SNETAA de la loi, dont le secrétaire national pédagogique ont fait scission lors de l’explosion de la FEN en 1992 pour rejoindre le SE ,créé pour la circonstance;

Le ver était dans le fruit et nombre de militants du SNETAA savait que nous ne manquerions pas d’avoir à espaces réguliers des retrouvailles de conflit ;

Suppression définitive des cap,fermeture des 4° technologiques « trop professionnalisées par les collègues et insuffisamment polyvalentes », suppression de l‘orientation en 4°pour nourrir la massification du lycée;

Cheminement vers le lycée unique par la transformation de LP en lycée polyvalent ;

Regroupement du professionnel et de l’apprentissage dans les lycées des métiers;

Premières offensives contre le BEP puis contre le BAC PRO

Autant de combats qui n’ont pas cessé depuis , et dont l’enjeu est de plus en plus perceptible même pour ceux  qui ne veulent ni  voir ni entendre;

IL s’agissait tout simplement de maintenir un service public de l’enseignement professionnel et de l’education aux métiers.

Nul ne pensait tout de même que la loi quinquennale de 1993 contre laquelle le SNETAA appela à la grève et le nouveau contrat pour l’école de F.Bayrou de 1994 contre lequel il ferrailla, leur donnerait autant d’acuité et d’ampleur.

 

Front commun gauche-droite pour un retour de l’apprentissage

Obsédée par le dual -système allemand Mme Creysson entendait mettre 500000 jeunes en apprentissage et imposer la création de centres d’apprentis dans les lycées professionnels.

C’était sa conception du Modernisme !

Elle n’aura fait que permettre aux pouvoirs nés de l’alternance politique de 1993 de dérouler une nouvelle et violente offensive contre l’enseignement professionnel public.

Ouvrant le tir dans son livre blanc publié au printemps 1993, le CNPF déclarait publiquement : « l’entreprise a probablement eu tort, après la deuxième guerre mondiale, de renoncer à intervenir dans la formation professionnelle ».

Le propos renvoyait clairement à la naissance au terme de la guerre d’un système de formation professionnelle initiale, abandonné par le patronat à l’Etat en raison de son coût et des nécessités des reconstructions industrielles et économiques.

S’en suivit une loi quinquennale sur l’emploi et la formation professionnelle dont le titre III relançait l’apprentissage par l’ouverture de sections d’apprentissage dans les établissements publics ou prives

Il s’agissait purement et simplement de détourner au profit de l’apprentissage les capacités de formation du service public d’enseignement professionnel et de le mettre en tutelle par le canal du rattachement à des CFA des sections ainsi ouvertes.

C’est aujourd’hui partiellement réalisé.

Le SNETAA dénonçait alors « la plus grave menace sur les formations professionnelles et technologiques, du CAP au Diplome d’Ingénieur, que les personnels aient connues depuis la signature de l’accord des partenaires sociaux de juillet 1070 et la loi de juillet 1971"

IL écrivait notamment : « jamais le législateur n’avait envisagé d’aller aussi loin dans la volonté de détourner les compétences et les capacités du service public de formation professionnelle initiale pour assurer le succès idéologique et politique d’une filière de formation totalement dépassée et déconsidérée : l’Apprentissage ».

On sait aujourd’hui le chemin accompli par l’apprentissage avec de multiples concessions publiques matérielles et idéologiques des responsables de l'Education et parfois même de la part  des enseignants du services public d Education qui se targuent le plus d’humanisme.

Augmentation d’effectif, quasi monopole des préparations au cap, construction monopolistique d’une filiére CAP -brevet professionnel au niveau IV grace la modification complaisante de la réglementation du brevet professionnel, l’apprentissage trace son chemin.

 

Démonter les contre-vérités 

Demain l'apprentissage pourra dispose de plein droit réglementaire de la préparation  du Bac Pro en 3ANS ,comme seconde voie de plein exercice de préparation du niveau IV par l’apprentissage... au prix d'une dégradation de la formation des jeunes confiés par les familles au service public d'Education;

La question du BAC Pro en trois ans est en effet sans rapport avec un quelconque progrès dans l’éducation.

De qui se moquent en effet ceux qui osent prétendre sans vergogne qu’on est mieux formé en trois ans qu’en quatre ?

Sinon quel sens auraient tous les combats menés dans le monde pour reculer l’age de sortie du système éducatif initial ?

La réalité est nettement plus triviale

Il s’agit tout simplement d’étendre le champ éducatif offert à l’apprentissage ,moyennant ,en contrepartie et en retour, de substantielles économies en postes et en moyens pour les gestionnaires du service public d’éducation.

 

Expérimenter pour disposer du système éducatif, pour le contourner à sa convenance et le démonter pour ses besoins.

La question de l’expérimentation éducative et des parcours individualisés ou diversifiés a fourni le couronnement de l’édifice pour les offensives contre l’enseignement professionnel et pour favoriser son externalisation vers l’apprentissage .

Initiée au détour des années 1980 par SAVARY, au travers des 4° expérimentales dont la confusion éducative est entrée dans l’histoire, l’expérimentation éducative au nom du projet, a trouvé en 1989 place dans la loi d’orientation pour l’école .

Elle s’est construite une première base fonctionnelle et juridique en 1993 dans l’article 54 de la loi quinquennale, lequel amendait la loi sur l’école pour y introduire l’article 7BIS :

«Tout jeune doit se voir offrir, avant sa sortie du système éducatif et quel que soit le niveau d' enseignement qu'il a atteint, une formation professionnelle. Celle-ci est dispensée soit dans le cadre des formations conduisant à un diplôme d' enseignement professionnel, soit dans le cadre des formations professionnelles d'insertion organisées après l'obtention des diplômes d'enseignement général ou technologique, soit dans le cadre de formations spécifiques inscrites dans les plans régionaux de formation professionnelle. Les formations sont mises en place en concertation avec les entreprises et les professions."

- F Bayrou s’est empressé début 1994 de la compléter dans plusieurs articles du nouveau projet pour l’école :

L’article 72 stipulait ainsi que « chaque jeune a le droit de bénéficier d’une formation qualifiante avant sa sortie du système scolaire. Sont mis à l’étude et expérimentés des cursus adaptés aux jeunes qui n’auront pas terminé avec succès leur scolarité".

L’article 78 précisait que « dans le cadre de la préparation d’un diplôme professionnel ,le passage dans les deux sens est favorisé entre les dispositifs sous statut scolaire et les dispositifs sous contrat de travail ".

L’article 75suggérait « une multiplication des passerelles entre les formations professionnelles et les formations technologiques pour faciliter le passage du BEP vers les baccalauréats ».

On vit ainsi hier fleurir des systèmes dérogatoires BEP OU BACS PRO en un AN en 1an , BEP 1 suivi d’un Bac Pro en deux ans, formations en deux ans partagées dans le temps entre formation sous statut scolaire et apprentissage….

Au bon vouloir des établissements, des régions, des inspections de discipline, des rectorats ,des directives nationales de l’inspection générale, des circulaires de rentrées des différents ministres .des commissions professionnelles consultatives…

Avec ou sans consultation des conseils d’administration, le plus souvent sans aucun bilan réel au delà du chant d’éloge de leurs partisans, voire même de leurs seuls acteurs éducatifs !

Du coté de l’apprentissage  le passage par l’expérimentation a permis par contre à l’apprentissage d’ouvrir des brèches très significatives et de bâtir pour la durée !

*C’est ainsi que les lobbies de l’apprentissage ont grâce à leurs appuis su faire reconnaître la validation des années d’apprentissage de CAP comme années d’expériences professionnelles.

Cette disposition leur a permis de placer pour le seul apprentissage le Brevet Professionnel dans la foulée du CAP, d’en chasser le service public de formation professionnelle initial en élargissant le champ du monopole de l’apprentissage, et de construire une filière spécifique de formation initiale de niveau IV en regard du cheminement BEP-BAC PRO des LP.

L’expérience stabilisée,il leur a suffi ensuite d’en assurer la pérennisation par une légalisation discrète .

 

*D’opportunes modifications légales de la durée des contrats d’apprentissage ont permis à ce dernier de moduler la durée de ses préparations au CAP.

Il a ainsi pu récupérer en formation de nombreux jeunes, dégoûtés du système éducatif par une orientation quasi forcée en seconde, dans une logique et selon des règles qui visaient à tenter d’orienter vers le bac le plus grand nombre d’élèves possibles.

Même ceux qui n’avaient manifestement pas les capacités ou les motivations d’un parcours de TROIS ANS vers le bac, quitte à se satisfaire intellectuellement de les renvoyer vers le LP en cas d’échec consommé !

Force est de constater que la préparation des bacs pro en trois ans sans exigence préalable de BEP va simplifier l’opportune réorientation vers le Bac Pro en cours d’études des élèves en échec dans les filières socialement plus nobles du lycée.

 

*La préparation du BEP, pour des raisons idéologiques patronales, n’était pas assurée dans les CFA. Cette situation faisait donc entrave au développement en apprentissage des Bacs PRO ,bien utiles pour redorer des blasons.

Qu’a cela ne tienne, il suffisait de s' autoriser, au nom de l' expérimentation des Bacs pro, sans exigence de BEP !

C’est ainsi qu’est né en 2001 l’accord entre De CALAN, responsable de la formation à l’UIMM, et le directeur des lycées de l’époque, grand combattant des BTS mais beaucoup moins des Bacs Pros et de l’enseignement professionnel.

La monnaie d’échange n’est pas publique.Elle aurait dit-on porté sur un accord de l’UIMM pour de sombres et peu transparentes questions liées aux BTS.

 

Nous voici donc rendus aujourd’hui à une tentative de généralisation hautement politique d’un dispositif expérimental

Si elle est menée à terme, elle permettra de livrer à l’apprentissage les seules formations du service public qui lui échappaient encore et de détruire celle pour lequel il n’a pas d’intérêt(BEP).

Le bac pro en trois ans, préparé à la fois par les LP et l’apprentissage, permettra d’imposer la collaboration des deux systèmes de formation, y compris dans le temps sur la même formation, et de basculer à terme en section d’apprentissage d’établissement scolaire les formations encore sous statut scolaire .

Comment ces formations sous statut scolaires pourraient-elles en effet résister simultanément à la volonté politique et idéologique de créer dans les LP des sections d’apprentissage et à la concurrence d’un apprentissage directement patronal qui disposera de la possibilité d’organiser en CFA deux filières distinctes d’accès au niveau IV, rémunérées et validées pour l’ancienneté professionnelle et la retraite

*le CAP immédiatement suivi du BP en quatre années notamment en direction de l’artisanat et des PME ,.

*le Bac PRO en trois ans pour la grande industrie et les formations sur des technologies avancées ?

C’est aux personnels de LP et à l’ensemble des enseignants qu’il appartient désormais de faire connaître leur point de vue.

L’action nécessaire de résistance avait été engagée en 2001 .

*On assure que les Bacs Pro, hors apprentissage, draineront de meilleurs élèves !

Lesquels ?Ceux la mêmes que l’on orientait précédemment en BEP ?

Il faudrait-en outre être sérieusement naïf pour croire qu’on va orienter vers les Bac Pro 3ans les élèves qu’on envoyait en seconde générale ou technologique,et ce avant même qu’ils rencontrent  l' échec dans ces voies !

Qui peut donner crédit à de tels messages?

*D’aucuns pensent que la modification du Bac Pro leur ouvrira plus grandes les portes d’une affectation en BTS et l’accès à un service à horaires pondérés.

C’est singulièrement méconnaître les règles de gestion de l’Education nationale !

On ne peut en effet affecter de plein statut(titulaire du poste)en BTS ,et avec l'accord de l'inspection générale,que des personnels qui ont dans leur statut une clause leur donnant vocation à enseigner dans ce type de classe.

Tel n’est pas le cas des PLP .

Les demandes réitérées adressées aux pouvoirs publics , direction des lycées et cabinet du ministre, pour inscrire un telle clause ont été jusqu’en 2004 poliment éludées.

S’il y avait eu une révolution de palais depuis, les carnets de bans en porteraient la trace  et les propos du Ministre en feraient écho

Il est vrai que la liste d’attente des certifiés est suffisamment longue pour que l’on ait nul besoin d’aller piocher dans le corps des PLP !

Mais comme bouches trous temporaires, sans horaire coefficienté,…on peut toujours faire rêver !

Il n’y aura dans la transformation des BACS PRO, aucune amélioration de la formation des élèves, aucun grain à moudre pour les enseignants et que des coups à prendre pour tous: les jeunes, les maîtres, la qualification professionnelle et l’enseignement professionnel initial public.

*J’entends aussi , et on m’en fait écho, des propos de syndicalistes capitulards dans le style :

« A choisir entre mourir aujourd’hui ou demain, je préfère demain »

Au delà de cette ambition, d’une soumission inégalée pour le syndicalisme, il s’agit en outre à l’évidence d’un contresens absolu d’analyse .

C’est, bien au contraire, l’acceptation des personnels, sans précédent historique dans l’enseignement professionnel, qui déroulerait le tapis au démantèlement recherché de l’enseignement professionnel public et en accélérerait la disparition .

Les collègues veulent-ils scier la branche sur laquelle ils sont assis ?

Les enseignements de notre histoire, rappelés brièvement et modestement ci –dessus, montrent en effet que c’est la résistance contre une offensive permanente engagée depuis 20 ans contre l’enseignement professionnel qui a permis d’assurer sa survie et la reconnaissance matérielle et morale de ses enseignants

Et ,peut-on l’oublier, de construire des lettres de noblesse pour les jeunes qui nous sont confiés !

N’est ce pas cela notre mission d’éducateur

 

BERNARD PABOT

ANCIEN SECRETAIRE GENERAL DU SNETAA

mardi 15 janvier 2008

Témoignage

BAC PROFESSIONNEL
Une réforme dangereuse pour des milliers d’élèves

Article publié à la Réunion dans le journal TEMOIGNAGES du Dr VERGES

Pour les professeurs, imposer de passer l’examen en trois ans plutôt qu’en quatre, comme le souhaite Xavier Darcos, c’est condamner une majorité d’élèves à l’échec.

CERTAINES réformes se proclament en fanfare. D’autres pas. C’est le cas de celle portant sur les bacs professionnels, engagée sans tambour ni trompette par le Ministre de l’Éducation nationale. Le 29 octobre dernier, celui-ci commandait aux recteurs, par courrier, de prendre des mesures pour généraliser, dès la rentrée prochaine, les parcours du bac pro en trois ans contre quatre actuellement. Plus d’un mois après le lancement du processus, Xavier Darcos reçoit aujourd’hui l’ensemble des syndicats de l’enseignement professionnel, lesquels n’étouffent pas leur désapprobation vis-à-vis d’une réforme qui, disent-ils, conduira une grande part des élèves à l’échec.

De quoi s’agit-il ?
L’énoncé de la mesure est lapidaire. Actuellement, un bac professionnel se prépare en quatre ans : deux années de BEP, suivies de deux années de préparation au bac. Le ministre impose de réduire ce cursus à trois ans, généralisant là une expérimentation lancée en 2001 par Jean-Luc Mélenchon et qui touche à ce jour près de 10.000 élèves.
La mesure est motivée par les besoins économiques, qui exigent une élévation du niveau de connaissances et donc des diplômes, explique-t-on au Ministère. « La finalité de la voie professionnelle est l’insertion », éclaire un conseiller. S’appuyant sur une étude réalisée en 2006, il poursuit : « À l’horizon 2015, les entreprises auront besoin de 73.000 jeunes diplômés de niveau V (CAP ou BEP, lire repères ci-après). Or ils sont aujourd’hui 120.000, soit 50.000 de trop. »
Dans le même temps, le niveau bac est devenu celui requis dans le secteur tertiaire. « Cela ne poserait pas de difficultés si l’essentiel des jeunes engagés dans un BEP poursuivaient jusqu’au bac, poursuit le conseiller. Or, seuls 39% des jeunes qui sont entrés en BEP en 2003 étaient en terminale de bac professionnel en 2007. » D’où l’idée de faire sauter la deuxième année de BEP, afin de pousser plus de jeunes vers le bac. Or, un cursus en quatre ans handicape l’attractivité du bac pro, argumente Xavier Darcos dans sa note aux recteurs, quand les bacs techniques ou généraux, eux, ne mobilisent les élèves que sur trois ans.
Autre obstacle à abattre : celui de la concurrence qui s’opère entre le CAP et le BEP, deux diplômes de niveau V « aux intitulés et aux contenus professionnels souvent proches ».

Dès septembre 2008, 50% des BEP du secteur tertiaire (vente, comptabilité, secrétariat ou encore communication et industrie graphique) devront donc avoir épousé le nouveau rythme. Les autres secteurs seront touchés dans une proportion moindre (30 % des BEP d’électrotechnique ou d’hôtellerie, 10 % des métiers du bois...). Pour l’essentiel d’entre eux, la mue devra être finalisée en septembre 2009.
Bref, à cette date, le diplôme BEP n’existera plus. Il sera encore possible de passer son bac pro en quatre ans, assure le ministère sans plus de précision, via le développement de passerelles entre CAP et bac pro. Mais les jeunes qui se seront engagés en BEP sans décrocher le bac ne pourront plus faire valoir de diplôme, seulement une qualification (voir repères).

Combien seront-ils ?
C’est là toute la question. Unanimes, les syndicats de l’enseignement professionnel redoutent que cette réforme ne laisse sur le carreau un grand nombre d’élèves. Les pertes seront d’autant plus fortes que la transition est brutale, relève Alain Vrignaud, professeur de maths et de sciences physiques au LP de Montrouge, dans les Hauts-de-Seine, et responsable de la CGT Éduc’Action (UNSEN-CGT). « Cette généralisation est extrêmement précipitée. Aucun référentiel national n’a été mis en place. Qu’est-ce qui va disparaître ? Quel cadrage national du diplôme ? » interroge-t-il.
Dans son académie, Versailles, la question n’est pas mince : en 2010, 80% des élèves devront se présenter à l’examen après seulement trois ans. Ils sont 20% à le faire aujourd’hui, dans le cadre de l’expérimentation lancée en 2001. Alain Vrignaud compte parmi ceux qui l’ont défendue au temps de sa mise en oeuvre. Et aujourd’hui encore, l’existence d’un bac pro en trois ans lui paraît justifiée. « Le ministère s’appuie sur des réalités, note-t-il. Certains jeunes perdent leur temps en quatre ans, voire s’ennuient et décrochent. » « Quant à l’élévation du niveau de connaissance, c’est une nécessité. Mais le gouvernement use de ce vernis idéologique pour généraliser un dispositif nuisible à la masse », reprend Alain Vrignaud.
Et de s’appuyer, à l’instar du ministre, sur l’expérience elle-même. Selon celle en cours, 80% des jeunes engagés dans un cursus en trois ans décrochent leur bac, relève avec satisfaction le ministère de l’Éducation nationale. Mais l’enseignant recontextualise : « Les expérimentations se font dans des conditions bien précises : des classes à petits effectifs et des élèves sélectionnés sur critères pédagogiques. » Sont retenus ceux qui n’ont jamais redoublé ou dont l’orientation relève d’une motivation affirmée. Loin d’être le profil commun, dans une filière qui s’offre souvent comme dernière chance aux jeunes en voie de décrochage scolaire. « On est en train de généraliser un dispositif qui répond aux besoins des meilleurs mais qui laissera tous les autres dans le fossé. Un peu comme si l’on calibrait le bac général en fonction des 15% meilleurs élèves de terminale S », illustre Alain Vrignaud. Un étalonnage périlleux pour 80 % des jeunes, selon lui.
Même le SNALC CSEN, classé à droite, estime que le ministre ne mesure pas l’impact qu’aura le retrait d’un an de scolarité sur « les résultats et les compétences des jeunes ». Les organisations ont pour elles un argument massue : le rapport rendu en 2005 par Didier Prat, inspecteur général, lequel dresse un premier bilan mitigé de l’expérimentation. « Il est nécessaire de donner une réponse adaptée à la diversité des publics accueillis (...). Le parcours en trois ans n’est donc qu’un élément de réponse qui ne concerne qu’une faible partie des publics, relève-t-il dans ses conclusions. Il faudrait laisser d’avantage d’initiatives aux établissements (...) plutôt que d’imposer une seule alternative. » Et de plaider pour une diversification des parcours, épaulée d’un cadrage national.
Le ministère rétorque que ce rapport manquait, à l’époque, de recul. Les syndicats, eux, n’en démordent pas et supposent une autre motivation à la réforme : l’argent. Alors que les perspectives prévoient la suppression de 20.000 postes par an, les économies devront bien se faire quelque part. « Au collège, la marge de manoeuvre est limitée. Mais pas au lycée », note Rolland Hubert, co-secrétaire général du SNES, qui ne peut s’empêcher de faire le lien avec les autres réformes en chantier.
Car le bac pro n’est pas seul à se faire ravaler la façade. La réforme du bac technologique est en cours depuis 2005. Celle du bac général sera lancée en janvier. « Il nous paraît clair que cela a à voir avec les suppressions de postes », poursuit Rolland Hubert. À voir, également, avec les objectifs en termes de diplômés du supérieur. « Le gouvernement a promis 50% de diplômés en plus. Cela ne veut pas forcément dire plus de bacheliers, mais des bacs mieux profilés. » Les facs aux bacs généraux, les IUT aux bacs techniques et les entreprises aux bacs pros. Pas un mal en soi, conclut Rolland Hubert, s’il n’était que le tuyautage intervient bien trop tôt. La filière pro, note-t-il, permet encore de belles résurrections. « On voit des gamins pour qui on n’aurait jamais fait le pari - ou qui ne l’auraient pas fait eux-mêmes - de poursuivre en BTS ! En profilant trop tôt, c’est aussi eux que l’on va laisser de côté. » Ne reste qu’à deviner qui seront les perdants.

Marie-Noëlle Bertrand

lundi 14 janvier 2008

Mieux informé pour mesurer la réalité des choix éducatifs pour l' enseignement professionnel

La rénovation de l'enseignement professionnel
Discours - Xavier Darcos 06/09/2007 (extrait du site du ministère de l'education).

NDLR:  les passages mis en italiques ont été mis en exergue par la rédaction du BLOG

Le ministre de l'éducation nationale a présenté le 6 septembre à Châlons-en-Champagne les priorités qu'il entend mettre en œuvre pour rénover et valoriser l'enseignement professionnel :

  • l'augmentation du nombre d'établissements labellisés "lycées des métiers" ;
  • la définition de diplômes plus lisibles et permettant une meilleure insertion dans le monde du travail ;
  • l'adaptation continue des formations proposées aux jeunes dans les établissements.

Seul le prononcé fait foi

Messieurs les Députés,
Messieurs les Sénateurs,
Monsieur le Président du conseil régional,
Monsieur le Président du conseil général,
Monsieur le Maire,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Recteur,
Mesdames et Messieurs,

Je suis particulièrement heureux d'être aujourd'hui parmi vous dans le cadre de la Foire de Châlons. Les foires de Champagne évoquent à la fois la noblesse d'une longue tradition d'échanges et le dynamisme des innovations qui apparaissent chaque année.

La cité qui m'accueille aujourd'hui a d'ailleurs joué un rôle important dans la mise en place de l'enseignement professionnel et technique en France. En effet, si la première école des Arts et Métiers a été fondée à Compiègne en 1803, elle a été transférée à Châlons dès 1806 à la demande de Napoléon Ier.

Les milieux économiques ayant rapidement pris le relais de cette impulsion étatique, les chefs d'entreprise du XIXe siècle jouèrent un rôle déterminant dans l'apparition d'écoles permettant aux ouvriers d'acquérir les qualifications nécessaires pour accompagner la mécanisation croissante de l'industrie. Ces liens entre enseignement et monde professionnel ont parfois pu se distendre, mais ils n'ont jamais été rompus.

Aujourd'hui, dans notre pays, la voie professionnelle scolarise plus de 710 000 élèves répartis dans 1 700 établissements. C'est une filière importante, puisqu'elle représente plus de 30 % des lycéens français, aux côtés des voies générale et technologique. C'est aussi une filière de réussite.

Alors que les filières générales et technologiques préparent aux études supérieures plutôt qu'elles ne contribuent à l'apprentissage d'un métier, l'objectif de la voie professionnelle est clairement de former les jeunes pour permettre leur insertion professionnelle. Elle y parvient très largement, au prix notamment d'un renouvellement constant et d'une grande attention aux évolutions des métiers. L'enseignement professionnel travaille d'ailleurs en permanence avec les branches professionnelles qui sont directement associées à l'élaboration des diplômes.

L'objectif de réussite et d'insertion mobilise, dans les lycées professionnels, des équipes enseignantes dynamiques, soudées et imaginatives. J'ai encore pu le constater ce matin au lycée des métiers du bâtiment Arago de Reims, où j'ai rencontré des professeurs qui savent donner à des jeunes qui n'avaient souvent pas trouvé leur voie dans l'enseignement général, les moyens d'exprimer leurs talents. Je veux donc profiter de l'occasion qui m'est donnée en cette semaine de rentrée des classes pour saluer le travail de tous les enseignants de l'enseignement professionnel.

Cependant, la voie professionnelle doit relever plusieurs défis :

  • Elle doit tout d'abord gagner le combat de l'image afin d'attirer plus d'élèves dans les filières les plus porteuses. Dans les formations du bâtiment, par exemple, il n'est pas rare que de nombreuses places restent vacantes alors que dans ce secteur le marché du travail connaît une "tension" importante puisqu'il faudra remplacer environ 500 000 travailleurs d'ici à 2015. Les formations de l'hôtellerie-restauration, de l'hygiène et de l'environnement connaissent également une relative désaffection alors même qu'il est facile d'obtenir un emploi après avoir réussi l'examen.

  • La voie professionnelle doit également s'efforcer de répondre à l'objectif d'offrir une qualification pour tous.

  • Enfin, la voie professionnelle doit être plus lisible pour les élèves au moment où ils choisissent leur orientation mais aussi pour les chefs d'entreprise qui les recruteront. Un regard lucide sur l'offre de formation existante permet d'aboutir à ce décompte démesuré : aujourd'hui 213 C.A.P., 35 B.E.P. et 69 baccalauréats professionnels sont proposés aux élèves qui souhaitent se tourner vers la voie professionnelle en fin de troisième.

Cette situation se reproduit localement où des filières de formation trop nombreuses sont proposées au sein d'un même établissement. Dans ces conditions, les familles sont confrontées à une information imprécise et ont bien du mal à aider leurs enfants d'autant plus que les noms des diplômes ne sont pas toujours explicites, ni même attrayants : le B.E.P. R.O.C.S.M. (réalisation d'ouvrages chaudronnés et de structures métalliques), le baccalauréat professionnel M.A.E.M.C. (maintenance des appareils et équipements ménagers et de collectivité)

Pour relever ce triple défi, il convient de valoriser enfin la voie professionnelle en mettant en œuvre trois priorités.

Il faut tout d'abord augmenter le nombre d'établissements labellisés "lycées des métiers".

Ce label "qualité", créé par Jean-Luc Mélenchon, présente en effet plusieurs atouts :

Il permet de mieux identifier les caractéristiques d'un établissement en resserrant l'offre de formation autour d'une ou deux filières professionnelles. Je pense par exemple au lycée des métiers du bâtiment, au lycée des métiers des services à la personne, ou encore au lycée des métiers de la plasturgie, de l'industrie.

Il permet également de favoriser l'intégration des différents publics. Le lycée professionnel a, en effet, vocation à accueillir en son sein des apprentis - et je souhaite d'ailleurs que des sections d'apprentissage puissent s'ouvrir en E.P.L.E. -, des adultes en formation dans le cadre des GRETA, des candidats à la validation des acquis de l'expérience et, bien entendu, des élèves qui profitent de l'expérience et des échanges avec des camarades issus d'horizons différents. Jouer la carte de l'apprentissage et de la formation d'adultes permet d'augmenter de manière significative le nombre des élèves, de faire connaître le lycée et de nouer des liens plus étroits encore avec le monde professionnel.

Le lycée des métiers permet enfin de multiplier les passerelles entre la voie professionnelle et la voie technologique ou même vers les études supérieures. J'ai d'ailleurs demandé récemment aux recteurs d'académie de donner sa pleine mesure à l'une des dispositions centrales de la loi Fillon : le droit d'accès en section de technicien supérieur pour ceux qui ont obtenu une mention bien ou très bien au bac pro.

Il y a actuellement 350 lycées des métiers en France. Ils symbolisent l'excellence de la filière professionnelle et c'est pour cette raison que je veux doubler leur nombre en trois ans.

Il faut également réfléchir à l'offre de diplômes.

L'évolution et l'adaptation permanente des diplômes sont inhérentes à la nature même de l'enseignement professionnel. Chaque année, des diplômes sont rénovés : certains sont supprimés, d'autres sont créés. Leur nombre total est important puisque l'éducation nationale délivre aujourd'hui 450 diplômes à caractère professionnel.

Pourtant, les branches professionnelles sont parfois amenées à créer leurs propres titres : les certificats de qualification professionnelle. Il semble que ce mouvement ait eu tendance à s'accroître aux cours des dernières années.

Par ailleurs, il est certain qu'un jeune qui sort aujourd'hui diplômé de l'enseignement professionnel français n'exercera pas le même métier, avec les mêmes qualifications, tout au long de sa carrière.

Enfin, un certain nombre de branches professionnelles ne recrutent plus qu'au niveau du baccalauréat professionnel et plus du tout au niveau du B.E.P. C'est notamment le cas aujourd'hui dans les métiers du secteur tertiaire. Ainsi, pour trouver un emploi dans le domaine de la comptabilité ou du secrétariat il faut au minimum un niveau IV de formation.

Ce triple constat indique qu'il y a probablement quelque chose à repenser dans nos structures de diplôme car, si la Nation doit permettre aux jeunes de trouver un emploi à la sortie de l'école, elle doit également les rendre capable de s'adapter aux changements et aux évolutions professionnelles auxquels ils seront confrontés.

La rénovation de l'offre de diplômes professionnels devra répondre à une double exigence : les diplômes devront être plus lisibles et surtout permettre l'insertion professionnelle et l'adaptation aux mutations du monde professionnel.

À mes yeux, le baccalauréat professionnel est un véritable baccalauréat et doit donc être valorisé. C'est pour cela qu'il doit être préparé comme tous les autres baccalauréats, c'est-à-dire en trois ans, après la classe de troisième. D'ailleurs, dès cette rentrée, 10 000 jeunes engagent la préparation d'un bac pro en trois ans.

La rénovation de l'offre de diplômes professionnels est un chantier important qui implique une étroite concertation avec l'ensemble des acteurs concernés et en particulier avec l'ensemble des branches professionnelles que j'ai l'intention de réunir avant la fin du mois d'octobre.

À l'occasion de cette réflexion collective sur l'offre de diplômes professionnels, je souhaite qu'une attention toute particulière soit consacrée aux modalités de leur obtention. Aujourd'hui les élèves préparant un C.A.P., un B.E.P. ou un baccalauréat professionnel doivent se soumettre à des examens terminaux qui ont lieu deux ans après le début de leur cycle de formation. Pourtant les compétences s'acquièrent progressivement et il serait peut-être préférable que la validation des connaissances soit elle-aussi progressive, tout au long de la scolarité. Des expériences de ce type ont été menées en Suède ou en Angleterre et ont donné des résultats intéressants. Pourquoi ne pourrions-nous pas nous aussi réfléchir à l'adoption d'un système d'acquisition des diplômes par modules ?

Enfin, il faut adapter de façon continue les formations proposées aux jeunes dans les établissements.

L'offre de formation doit évoluer pour répondre plus efficacement aux besoins locaux tout en permettant aux jeunes diplômés de trouver un emploi à proximité de leur lieu de résidence. Je souhaite que les régions et les services de l'État puissent établir, conjointement et dans le respect des prérogatives de chacun, des plans régionaux de développement des formations qui tiennent compte de cette double exigence.

Je vais prochainement demander à tous les recteurs d'académie d'engager une réflexion sur cette question. Ils seront chargés de réaliser des études sur les besoins en main-d'œuvre dans les prochaines années et de d'établir des plans d'évolution pluriannuels des cartes des formations en concertation avec les conseils régionaux.

Ces plans favoriseront l'insertion des jeunes et permettront de fiabiliser les prévisions d'emploi. Ils contribueront enfin à répondre aux besoins des territoires ainsi qu'à ceux des acteurs économiques.

En définitive, les maîtres-mots de la valorisation de la voie professionnelle sont peu nombreux et propres à fédérer les énergies : insertion, intégration des différents publics, identification des établissements et des diplômes, innovation, initiation aux métiers.

Forte de ces préceptes, la rénovation de la voie professionnelle a des objectifs clairement établis. Il s'agit de faire naître des vocations, notamment chez les élèves qui n'ont pas de projet d'avenir précis. Il s'agit aussi de réduire au moins de moitié dans les années qui viennent le nombre de jeunes qui quittent le système scolaire sans qualification. En rénovant l'enseignement professionnel français, nous donnerons aux jeunes Français des garanties pour leur avenir et nous leur donnerons les moyens d'exprimer leurs talents dans un cadre de travail épanouissant.

Je vous remercie.

 

 

 

COMMENTAIRES : le discours du ministre  pose des orientations de travail à l' opposées de celles adoptées dans les mandats des congrès du SNETAA  par les délégués des mandants.

*une rénovation des diplômes centrée sur le passage à 3 ans des Bacs Pro et leur  resserrement par la disparition d' un certain nombre de CAP et de BEP, voire de BACS PRO.

*le doublement du nombre des lycées des métiers.

*la généralisation en formation professionnelle initiale de la délivrance des diplômes par contrôle continu, accompagné d'une structuration de la formation en modules'(exit la classe!..).

 (NDLR/contrôle continu et enseignement modulaire sont de nature à ramener sur le devant de la scène éducative le concept de l'Education Récurrente ,formation initiale différée et fractionnée qui prône l' interpénétration des formations initiales et ultérieures.En bref,il s' agit  de promouvoir un dispositif de formation conçu autour  d'un retour périodique   des adultes en formation initiale dans l'école commune, notamment sur le chemin de l' acquisition d' une qualification professionnelle après  positionnement à la sortie du systéme éducatif.Ce  dispositif permet en particulier de renvoyer vers les formations en cours d'emploi les contraintes de la lutte contre l'échec scolaire ,  de le "positiver"et d'en différer les ambitions .

*le rétrécissement de la diversité des formations centrées sur les coeurs de métiers  et la promotion de la polyvalence  éducative ce qui sous'- tend le développement d'une "fonctionnalité touche à tout ".

Au risque de donner corps à la perspective bien connue que la construction éducative de  la multivalence ne conduise en fait à l'absence pure et simple de toute valence fonctionnelle  réelle et professionnellement reconnue.

On se rappellera de ce point de vue  que le BEP,premier diplôme à logique de valence large,  n'a jamais politiquement reçu l'aval du patronat et a rarement pu conquérir ses lettres de noblesse spécifiques dans l'entreprise;

Là réside un des éclairages de la volonté idéologique de l'UIMM de le contourner dans l'accés au BAC PRO pour faire de ce diplome, second niveau de qualification un simple  premier niveau de certification)

*la fermeture de l'accés au BTS par l'exigence réglementaire d'une mention au bac, ce qui accentuera le décalage de considération sociale du BAC PRO avec son homologue de l'enseignement technologique.

 

*la relance de l' apprentissage en lycée professionnel et le mixage des publics .

 

Il faut également éclairer ce discours avec les conclusions  du Rapport PIJASSOUX- ROZE sur la formation professionnelle publié moins d'un an auparavant en décembre 2006.

Elles soulignent notamment les excès de coût, l' efficacité insuffisante et recommandent notamment  une refonte de  l'offre  de diplomes, ainsi que  l' individualisation des parcours.

 

la direction ignorait-elle  discours et rapports.avant de signer le protocole  sur les BACs PRO EN 3 ANS qui trace les premières perspectives de mise en place de choix à l'opposé de ses mandats?

En tout état de cause, elle leur a  réservé une place de choix:

celle, semble t-il,  du silence.

 

Agamemnon

un avis autorisé de L'"usine nouvelle"

Succès mitigé pour le bac pro en trois ans

22/06/2006

Près de 1000 élèves s'apprêtent à passer les épreuves du baccalauréat professionnel en trois ans. Lancé par l'UIMM, ce cursus attire de plus en plus de jeunes, malgré un taux de réussite décevant aux examens et de nombreux freins administratifs.

Les dés sont jetés ! Depuis le 12 juin pour les filières générales et techniques, et à partir du 19 pour les filières professionnelles, 640 000 candidats planchent sur les épreuves du baccalauréat 2006. Cette année encore, l'intérêt pour le précieux sésame ne se dément pas : les effectifs sont en hausse de 1 %, toute filière confondue. La palme revenant aux filières professionnelles qui drainent près de 3,5 % de jeunes de plus qu'en 2005.
Parmi eux, une poignée de candidats jouent les cobayes. Leu rôle ? Tester le baccalauréat professionnel - qui conjugue cours et stages en entreprise-en trois ans.
Lancé en 2002, à l'initiative de l'UIMM, pour lutter contre la désaffection des filières techniques, ce cursus ne remplace pas le bac pro en quatre ans (deux ans de BEP suivis de deux années de bac). «Il le complète en offrant à la filière professionnelle un diplôme identique en durée aux deux autres voies, générale et technologique», insiste Maryannick Malicot, responsable du bureau formation professionnelle initiale au ministère de l'Education nationale.
Si un bilan complet de ce cursus en trente-six mois sera dressé à l'issue de la session 2006, la rue de Grenelle tire déjà quelques enseignements des premières promotions sorties l'an dernier. Mis en place dans le cadre des centres de formation d'apprentis (CFA), le cursus remporte un franc succès... dans les lycées professionnels. «Sur les 7000 jeunes séduits par le dispositif, seuls 19% ont fait le choix de l'apprentissage», assure Maryannick Malicot. Ce «nouveau» bac pro est ainsi présent dans 133 établissements et 31 CFA, au travers de 30 spécialités essentiellement centrées sur la production (maintenance des équipements industriels-MEI- pilotage de système de production automat isée...) . En constante progression depuis son lancement, le cursus a attiré 3 045 jeunes à la rentrée 2005... malgré des résultats aux examens assez mitigés. Avec un taux de réussite de 69 % seulement, il fait moins bien que son grand frère en quatre ans, qui affiche 78 % de succès. Cette formule accélérée était pourtant censée toucher des élèves de fin de troisième d'un meilleur niveau scolaire. «Mais nous avons eu du mal à trouver notre public, notamment à cause de la méconnaissance du dispositif parmi les prescripteurs traditionnels, surtout les enseignants », juge Alexandre Le Camus, directeur du CFAI de l'Aquitaine.
Des blocages liés au statut des apprentis mineurs
Le bac pro en trois ans fait également les frais des freins administratifs liés au statut des apprentis mineurs. «Les jeunes n'ont pas le droit de travailler sur des machines dangereuses et cela gêne un certain nombre d'entreprises qui seraient prêtes à les prendre en stage», assure Dominique de Calan, délégué général adjoint de l'UIMM. «Du fait de l'âge et de l'inexpérience des candidats, il n'est pas simple de leur trouver un patron», ajoute Marie-Noëlle Dumond, directrice adjointe de l'école des Gobelins à Paris, qui propose un bac production graphique en trois ans. Enfin, la durée (les entreprises doivent s'engager pour trente-six mois) peut aussi bloquer les petites entreprises, plus habituées à gérer au jour le jour leur activité.
Une réponse aux pénuries de personnel
A l'heure des pénuries, la filière séduit pourtant les employeurs qui l'ont expérimentée. «Elle nous permet de former des profils compétents dans le domaine de la maintenance, qui n'existent pas sur le marché du travail actuellement », témoigne Philippe Longuet, responsable production de l'entreprise de nettoyage industriel Anett (90 salariés), qui a déjà accueilli trois bacs pro MEI.
Après quatre ans d'existence, le ministère pense que le dispositif n'est pas loin d'avoir atteint sa vitesse de croisière, avec un rythme de 3 100 entrées par an. L'avis n'est pas partagé par l'UIMM, qui affirme pouvoir faire mieux. «Sans les différents blocages, nous pourrions notamment doubler le nombre d'apprentis, qui s'élève à 1000 jeunes», assure Dominique de Calan. Qu'elle progresse ou pas, la filière ne devrait pas en tout cas être remise en cause. «C'est une réponse qui manquait dans le paysage, affirme Marie-Noëlle Dumond. Les jeunes ont de telles difficultés d'orientation aujourd'hui qu'il faut multiplier les propositions pour les aider à trouver leur voie.»
Thibaut de Jaegher
L'Usine Nouvelle N°3014 du 15/06/06

jeudi 10 janvier 2008

Bacs Pro 3: Pour se souvenir des premiers Combats(document d' archive Décembre 2001)

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un devoir de mémoire

Extrait de L' Apprentissage Public, revue nationale du SNETAA n448"la mort annoncée du BEP" page 14

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LE BAC PRO 3 ANS : trois enjeux économiques

L' expérimentation des Bac pro 3 ans s' accélère à mesure que la
mise en place de nouveaux flux d' élèves pour les poursuites d' études supérieures se réalisent.

Le SNETAA réaffirme son opposition au principe, au fond et aux conditions de la mise en place de l' expérimentation du Bac Pro 3 ans. Tout est fait pour étendre l' expérimentation, pour en dégager les conditions de sa réussite sur les secteurs porteurs, pour généraliser les sections de Bac Pro 3 ans. Reste qu' il ne suffira pas d' affirmer que les élèves de 3e recrutés dans ces sections pourront s' affranchir d' un BEP ou d' un CAP : l' originalité et la réussite du Bac Pro tient à ce qu' il s' agit d' une seconde qualification de niveau IV pour les jeunes.

Les contrôles du niveau des élèves qui seront orientés ne sont même pas mentionnés. Les contenus de formation, leur validation, et leurs objectifs en matière d' insertion et de poursuite d' études sont à peine effleurés. En tout état de cause, le Ministère semble justifier ces Bac pro 3 dans une perspective de poursuite d' études en STS. Qu' adviendra-t-il, dès lors, du BEP et du Bac pro comme diplômes ?

Dans la perspective de la relance du Lycée des Métiers, le SNETAA note que la circulaire de rentrée ouvre le champ à toutes les expérimentations possibles dans la temporalité des formations niveau V - Niveau IV (BEP, Bac Pro)! Ainsi donc, les académies devront aussi bien généraliser le couple BEP-Bac Pro (poursuites d' études), expérimenter les Bac Pro 3 ans (y compris dans le tertiaire), multiplier les passerelles par des formations en 1 an (BEP ou Bac Pro) pour les élèves de la voie générale, mal orientes, en situation d' échec. Sur ce dernier point, le SNETAA est demandeur d' explications sur l' opposition que présente la circulaire entre orientation et réorientation : une orientation qui doit correspondre aux seuls besoins fixés par le PRDFP et une réorientation qui peut satisfaire les vœux des jeunes lycéens, mal orientés, en situation d'échec dans les voies générales ou technologiques.

Ainsi, le premier enjeu économique réside dans la disparition de structures d' enseignement professionnel clairement identifiées, permanentes, fiables, mais dont les besoins en moyens horaires et pédagogiques sont importants.

Le deuxième enjeu de ce bac pro en 3 ans est que, pour l'heure, et pour probablement encore longtemps, il n' entraîne aucune modification des référentiels actuels. Le SNETAA EIL n'est d'ailleurs pas demandeur. Le Ministère non plus, à ce qu' il dit ! Pendant ce temps, l' expérimentation des Bacs pro 3 qui touche maintenant le tertiaire s' étend, augmente à proportion que les horaires d'ensei­gnement non remaniés sont dilués dans le cadre d'une année supplémentaire. Un même horaire d' enseignement général et surtout professionnel répartit sur 3 années au lieu de 2, dans le cadre de la nouvelle autonomie des établissements, c' est une sérieuse économie ! Quant à la pédagogie, à la faisabilité professionnelle et à l' avenir des jeunes, on en reparlera.

Le troisième enjeu économique tient à la mise en place de ce bac pro 3 organi­sée par le Ministère, la DESCO et... l' UIMM (Union des Industries Minières et Métallurgiques, branche "armée" du MEDEF et qui a arrosé de pub un grand nombre de journaux syndicaux dont ceux du SNES et de la FSU). Cette main mise patronale accompagnée de décisions fortement décentralisées risque de mettre un terme à la préparation et à l' organisation nationale, dans le cadre des CPC, des futurs diplômes de la voie professionnelle et de la voie technologique : probablement, le summum de l' adéquation "formation-emploi" rêvée par le patronat, mais aussi par un grand nombre de partenaires sociaux.

Jeu et art de la plume

 

La signature d’un protocole au ministère de l’Education est toujours, sous les lambris de la grande bibliothèque, dans les salons du ministre ou sur sa pelouse selon la saison, une opportunité pour de grandes congratulations .

Elle est l’occasion, avant ,pendant, et après, de nombreux effets de verbe ou de manches qui permettent à chaque signataire d’assaisonner le menu protocolaire  à sa convenance devant ses mandants et l’opinion publique.

Qu’il soit de fin gourmet ou de maigre pitance, chacun, lorsqu’il est signataire , s’accorde à tirer la nappe à lui .

Mais qui s’en offusquerait ?

Ne sommes nous pas en République et ne faut-il pas renforcer la démocratie sociale ?

Mais au delà de ces bruyantes retrouvailles sociales, il se joue alors sous les sunlights de la République bien des jeux plus subtils et largement méconnus.

Sait-on bien, par exemple, que quel que soit le régime politique en place, il est une règle intangible pour ce genre. d’exercice :

Nulle organisation ne saurait en effet participer au suivi de mise en œuvre et au bilan d’application d’un protocole si elle n’en est pas signataire.

Quitte bien sûr pour le pouvoir en place à faire discrètement le nécessaire en cas de besoin, auprès de ses amis qui par inconvenance auraient omis de signer aux cotés du MINISTRE!

En d’autres termes, ceux qui ne signent pas sont mis hors-jeu de l’information et des discussions ministérielles sur la suite et le fonds du dossier protocolaire!

A première vue, qui y verrait malice ?

Mais, à y regarder d’un peu plus prés, on voit bien l’intérêt d’un tel principe pour un Ministre :

S’afficher dans le clan de la démocratie tout en ne discutant et en n’agissant qu’avec les seuls interlocuteurs qui partagent ses choix, ou qui par un geste authentique et opposable ne s’inscrivent pas parmi ses délateurs

Les ministres sont aussi très attachés à cette règle parce qu’ils en mesurent pleinement les effets déstabilisateurs, voire dévastateurs sur les forces syndicales

Ce pourrait n’être bien sûr qu’un jeu, voire un art de la plume

Mais quel est exactement l’effet d’un tel principe du coté des syndicats et de leurs responsables?

On peut en dresser une typologie apparente qui, pour être un peu caricaturale, n’en est pas moins limpide et respectable.

Commençons par ces édiles syndicaux qui, par culture ou par habitude, sont accompagnateurs dans l’âme et partisans du contractuel par vocable .

Toute réforme, à fortiori si elle se nourrit d’expérimentations, est à leur jugement, sauf provocation ouverte ministérielle, progressiste par nature et doit être accompagnée.

Ne pas signer n’est donc pas envisageable!

Leur bilan syndical n’a de ce fait souvent pas de contenu propre.

Celui du ministère y pourvoit, sous couvert bien sûr d’expliquer aux mandants qu’on a fortement« instrumentalisé » le ministre.

Il faut ensuite faire une place particulière à ces hommes et femmes qui, dans un style suranné au demeurant de plus en plus rare, rejettent toute signature, par essence suspecte de compromission dés lors qu’ils ont la conviction chevillée que, dans toute lutte des classes bien comprise, l’intérêt des tenants d’un pouvoir ne saurait rencontrer celui des salariés.

Certains ont des convictions et des analyses fortes.Porteurs parfois depuis longtemps de revendications qui débouchent dans le protocole, ils en sont parfois à la source même’.

Ils gèrent le risque de façon saine et cartésienne et savent qu’ils seront comptables de leurs choix

Ils ont pour s’en expliquer des arguments forts et des mandats pour les justifier ;

Mais ils savent aussi qu’ils sont à la merci d’un non-respect ministériel ou des aléas de la politique et de la démocratie!

Leur jugement est scient et leur  rationalité est avertie et affirmée!

On peut également rattacher au type précédent les responsables qui, à l’opposé et sans ambiguïté, savent que le chemin proposé sur le dossier examiné ne peut pas être le leur dés lors qu’il n’est pas celui de leurs mandants

Ils ne concèdent pas et prennent leurs marques pour les crocs en jambe qui ne manqueront pas de suivre !

Mais il faut bien aussi faire place à ceux qui, dépassés sur le fond de l’événement, nourrissent dans leur for intérieur la peur de l’ombre de leur propre mouvement

.Prisonniers de leur stress et de leurs incertitudes ou ambitions interne, ils craignent au demeurant encore plus la marginalisation syndicale   et l’obligation d’établir des rapports de dialectique et d’action.

Ils se jettent alors, in fine, dans le mouvement de signature de peur que le monde ait l’outrecuidance de tourner sans qu’ils puissent s’afficher et être vus dans sa vitrine.

Jeter éventuellement sa gourme devient ainsi à leurs yeux et si nécessaire, un acte militant qui permet d’échapper au prurit

Chacun connaît la maxime de circonstance « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis »

Sans oublier, les opportunistes sans grande conviction, à la recherche d’une carte de visite ou d’un crédit pour des élections professionnelles à venir  et les profits attachés à leur résultat,

Devant le paraphe ou le risque de mise en marge, chaque organisation s’inscrit à la fois dans une épure générale liée à son collectif syndical et au singulier de son porte-plume.

Le jeu de plume syndical est donc un art qui côtoie celui de la Rhétorique

….

La signature du protocole d’accord sur les BACS PRO en trois ans et les remous qui l’accompagnent témoignent des effets de ce jeu de plume ;

Pour autant l’art de la rhétorique est en défaut

Comment comprendre sinon dans ce débat l’approche à contre mandat particulièrement voyante de la direction du SNETAA, alors que syndicat ne s’est jamais dans son histoire, et par essence, nourri d’une culture du paraphe ?

Suivisme ?.Peur d’être débordé par plus réformiste que soi?

Tentative de révisionnisme syndical ?

Mais pour quel profit pour le devenir de l’enseignement professionnel, pour ses élèves, pour ses maîtres, pour l’emploi et la cohésion sociale?

Si les non signataires s‘expriment en effet avec force sur les motifs de leur refus, qu’ils nous conviennent ou non, les signataires brillent plutôt par le silence ou la faiblesse de contenu argumenté de leurs propos.

Ils murmurent qu’ « ils ont signé pour contrôler et éviter le pire », que « négocier n’est pas conclure », quand ils ne chuchotent pas « on appréciera bien à la clôture… »

Comme s’ils détenaient le pouvoir de suspendre le temps d’une action ministérielle accélérée par l’exigence budgétaire de la récupération urgente de moyens en postes!

On peut craindre qu’il ne s’agisse pas là d’arguments mais d’arguties.

Et c’est fâcheux pour la mission du syndicalisme, tant il est vrai qu’au plan syndical s’il est toujours possible de prévenir, il ne l’est jamais de guérir !

Agamemnon

mardi 8 janvier 2008

Bacs pro en trois ans: Fourbir des arguments!

Ce que vont vous dire des collègues dans les lycées polyvalents!

Analyse du SNES et DU SNEP

  Voie professionnelle publique :

Une réforme contraire à l’intérêt des élèves et du service public

Sans aucune discussion préalable avec les organisations syndicales et alors qu’un rapport de l’inspection générale avait rendu, en septembre 2005, un avis critique négatif sur l’expérimentation du Bac professionnel en trois ans, le ministre de l’éducation nationale Xavier Darcos a décidé la généralisation de celui-ci, le ministère de l’Agriculture en étendant l’application à l’enseignement agricole. Cela a pour conséquences :
- la suppression des formations BEP à court terme dans la quasi-totalité des filières tertiaires, industrielles et agricoles.
- le niveau V maintenu au seul CAP à vocation à insertion professionnelle immédiate.
- le report de la mise en œuvre en l’état de la réforme du BEP tertiaire. Les syndicats enseignants du second degré de la FSU (SNUEP, SNETAP, SNES et SNEP) considèrent que ces mesures correspondent pour l’essentiel à des objectifs d’économie budgétaire qui ne font que peu de cas de l’élève et de sa formation. La mission du service public de l’Enseignement Professionnel consiste à accueillir l’ensemble des élèves orientés vers cette voie afin de leur assurer un niveau de qualification le plus élevé possible. L’accueil en BEP des élèves de classe de troisième permet souvent, malgré des difficultés réelles, une orientation positive en plaçant nombre des élèves en situation de réussite. La suppression des sections de BEP ne peut qu’entraîner un accroissement des sorties sans qualification du système éducatif car de nombreux élèves ne pourront accéder à un Baccalauréat Professionnel en trois ans au lieu de quatre actuellement. Cela d’autant que les exigences de ces bacs pro devraient être augmentées pour permettre, selon le ministre, une poursuite massive d’études en BTS et DUT. Cela risque d’aboutir à une fusion des voies technologique et professionnelle. Ce dispositif fait fi des élèves en difficulté dont l’avenir ne saurait se régler dans des sections de CAP, qu’il soit à vocation sociale ou à vocation qualifiante. Le fait de pouvoir passer un BEP à l’issue de la 2e année du Baccalauréat Professionnel en 3 ans, ne saurait remplacer une formation effective et spécifique à ce diplôme et n’est une solution ni acceptable ni appropriée aux sorties du système éducatif, qui s’accentueront. Les syndicats enseignants de second degré de la FSU considèrent indispensable le maintien des sections de BEP dans les Lycées Professionnels car elles sont l’un des maillons essentiels au sein d’une filière de formation complète. Ils rappellent leur attachement au Baccalauréat Professionnel après 2 années de formation qualifiante en BEP. Ils rappellent également leur refus d’orientation précoce avant la 3ème. La décision ministérielle est à relier à la volonté de réduire considérablement le nombre de personnels à l’éducation nationale et dans l’enseignement agricole et aux projets concernant les lycées généraux et technologiques (réduction du nombre de filières et d’options, regroupements, …) qui devraient être connus en janvier : nous sommes confrontés à une transformation très profonde du système éducatif, qui remettrait en cause la diversification des formations dans le second cycle du second degré et qui n’offrirait plus de réelles remédiations et possibilités de poursuite d’études aux jeunes en difficulté à l’issue de la troisième. Les mesures mises en œuvre et prévues impliquent à terme des suppressions massives de postes, de sections, de filières entières voire même de lycées professionnels. Le statut des personnels, notamment ceux de lycée professionnel, leur avenir seraient de fait remis en cause. En conséquence, les syndicats enseignants du second degré de la FSU appellent tous les personnels des lycées professionnels, généraux et technologiques, de l’éducation nationale et de l’agriculture à se réunir au plus vite et à se mobiliser, dans l’unité la plus large, afin d’agir pour exiger le retrait des modifications imposées sur les structures pour la rentrée 2008 qui mènent inéluctablement à la disparition de la voie professionnelle initiale scolaire publique et laïque. Ils organiseront l’information des parents et des élus pour montrer que cette mesure ne saurait répondre aux besoins des jeunes et du pays et mettront en avant leurs propositions pour un service public d’éducation, dans les trois voies du lycée, capable d’assurer la réussite du plus grand nombre.

 

Ce que vous diront d' autres collègues en Lycée professionnel et en SEGPA:

Cette réforme du baccalauréat professionnel n’est pas d’ordre pédagogique mais avant tout budgétaire. Comment ne pas penser à la suppression des 11 200 emplois d’enseignants cette année, et à l’annonce des 20 000 par an pendant les 4 ans qui restent de la mandature.

Des déclarations laissent penser qu’il ne s’agit là que de la première phase d’un vaste projet de restructuration qui concerne l’ensemble du second degré, y compris la voie générale. Elle conduirait à limiter l’offre de formation pour en limiter les coûts.

EXTRAIT DES PUBLICATIONS DE L' UNSEN-CGT

Avoir la mémoire courte ou accompagner?

Extrait de la circulaire SNETAA :  " L' enseignement professionnel

N°362 du 21 octobre 2007"

 

NON au BAC PRO en 3 ans
· Il entraîne la mort du BEP,
· il conduit à des suppressions massives de postes et du corps
des PLP
· il déprofessionnalise l’Enseignement professionnel et
condamne les L.P. par leur transformation en lycées
polyvalents
· il oriente systématiquement tous les jeunes en seconde qui
deviendra indifférenciée pour construire le lycée unique avec
un bac à options.
· il rejette les jeunes en difficultés hors du système scolaire
vers l’apprentissage.
Mobilisons-nous contre ce projet.

 

Signer le protocole ministériel pour la mise en place et le développement des BACS PRO en 3 ANS,ce serait donc  mieux se mobiliser contre le projet?

"Toute vérité n' est pas bonne à croire "(Beaumarchais)

Faut-il alors penser que le ciment d'analyse qui lie les signataires du protocole se résume à cette phrase extraite des positions du SE-FEN?

 

Dans ce contexte nouveau qui permettra de juguler des initiatives intempestives et brutales touchant la rentrée 2008, le SE-UNSA estime que les conditions sont désormais réunies pour que s’engage enfin la concertation indispensable sur un dossier aussi complexe.

 

Il est vrai à la décharge de cette organisation que son jugement sur

le bilan du lycée professionnel et par conséquent sur le travail de ceux qui y oeuvrent n' est pas très amène:

Militant depuis toujours pour une égale dignité des trois voies du lycée (générale, professionnelle et technologique), le SE-UNSA avancera ses propositions dans l’intérêt des personnels et des élèves lors des discussions qui vont s’ouvrir.Il défendra sa conception d’une voie professionnelle réhabilitée, capable de traiter tous les publics scolaires pour les amener à la réussite....

indignité du lycée professionnel et de ses structures  d' enseignement, incapacité à amener les élèves à la réussite,...

 Bigre!

Mais on connaît bien aussi quels sont dans le  domaine de la réussite scolaire les résultats du premier degré et du collège unique dans  lesquels le SE et son fondement le SNI ont un bilan  d' accompagnement et une responsabilité d' action historiques.....

Discuter ne serait pas conclure :

 

"C’est à l’issue des discussions ,écrit-le SGEN et à l’aune de leurs capacités à peser sur les décisions prises que le Sgen-CFDT appréciera les conclusions de ce protocole"

Le discours semble singulièrement spécieux parce qu'il est bien question de discuter le développement des BACS PRO EN TROIS ANS, la réorientation des élèves du BEP vers le Bacs Pro 3 et la fermeture de BEP.

S' agirait-il pour les signataires du protocole de promouvoir  un syndicalisme qui se réjouit lorsqu' il est convié à discuter des marges des réformes?

Mais qu'est  donc venu faire la direction du SNETAA dans une telle galère, où les coups à prendre sont nombreux, les profits pour les personnels nuls et les préjudices potentiels considérables?

Faut-il rappeler que les cabinets ministériels successifs et la direction des lycées ont toujours refusé depuis les premiers débats sur le Bac Pro en 3ANS d' inscrire dans le statut des PLP l' exercice en BTS, condition incontournable à une ouverture de postes budgétaires de PLp dans ce secteur?

C' est dire la place de bouche-trou temporaire et précaire que le ministère  envisage de leur réserver et qu'on leur agite,telle la carotte à l'âne, avec de surcroît aucun droit aux bonifications de service autorisées par le décret de 1950 et non inscrites au statut des PLP!

Tout ce qui brille n'est pas or!

Faut-il taire  aussi, même si d'aucuns tenteront  sans doute de qualifier ce propos de  mesquin , que multiplier les Bacs Pro en trois ans, c'est travailler à "dégraisser le LP" et les effectifs de personnels qui y exercent, et faire un travail syndical à contre-emploi?

 

                         

TOUT cela rappelle singulièrement les débats qui ont précédé et accompagné la suppression des CAP trois ANS!

Le SE,et Le SGEN  sont fidèles à eux mêmes : ILs étaient à l' époque de fervents partisans de leur disparition.

On sait tout le bien que cela a apporté au LEP devenu LP :la disparition de prés de 1000000 élèves, avec le succès que l'on connait pour la lutte contre l' échec scolaire,l' emploi des jeunes et l' amélioration du contexte social..

Mais qu'est donc venu faire la direction du SNETAA dans une telle galère?

D' aucuns vous diront désormais que signer n' est pas conclure et que l' histoire ne repasse jamais deux fois les mêmes plats!

lundi 7 janvier 2008

modification d' intitulé de Points de Vue Snetaa

 

POINTS de VUE SNETAA prend dorénavant le nom de POINT DE VUE PERSONNEL SUR LE SNETAA

 

On le trouvera à l' adresse

pointdevuepersonnelsurlesnetaa.blogspot.com

 

 

Conformément à sa charte de création précisée en octobre 2006 dans son prologue, le blog continuera comme  à entendre et à publier des points de vue individuels, signés ou non, avec ou sans pseudo, à des fins de tribune libre.

Par définition, par nature, par  vocation, ceux ci ne se sont pas confondus avec le contenu syndical officiel d' une publication du SNETAA, encore moins avec une représentation de ce dernier,  l'expression d' un courant syndical ou celle d' une tendance.

Un an et demi après la naissance de ce blog, et pour des raisons que chacun appréciera à l' aune de sa pensée propre, la direction du SNETAA a cru bon subitement de porter le fer en justice contre le blog sur un terrain ou il n' y avait pas vraiment de difficulté  d'accord .

Le juge en a pris acte et débouté le SNETAA de ses autres considérants ou contestations mais également de ses appétits financiers répétés en vain de procès en procès.

Point de vue personnel sur le SNETAA restera comme l' a été Points de Vue SNETAA l' un des porte -parole d' une culture syndicale faite  d'une indépendance exigeante et d' une authenticité de pensée éducative et revendicative pour construire un ascenseur social pour tous les jeunes.

Cette culture a permis naguère de fonder un regroupement syndical  de femmes et d' hommes fortement solidaires  pour  promouvoir et construire la laïcité dans l' Éducation aux métiers.

Nul ne saurait oublier ou effacer sa  principal référence historique :

celle d' avoir aussi  assuré, avec un succès que d' autres envient, la reconnaissance  professionnelle de ses acteurs et leur dignité financière et matérielle.

Mais n'était-ce pas là le coeur même de sa mission principale au service du syndicalisme ?

IL serait dangereux qu' une telle force culturelle  sombre dans l' indifférence, l'autisme  ou l' individualisme.

Bernard PABOT

Mieux informé, bien informé

Le présent blog a fait état  le 05 01 2007 du contenu de l'ordonnance du juge du tribunal de grande instance de PARIS, rendue le 21 12 2007 sur une demande de référé lancée par le SNETAA  à mon encontre, notifiée le 17 décembre.

Le fac-similé des décisions du juge est publié ci dessous

L' accord entre les parties sur l' intitulé du blog  reconnaît, sous le sceau judiciaire, un droit fondamental et de bon sens :Celui de pouvoir s' exprimer sur le SNETAA dans un blog .

 

FAC-SIMILE DES DECISIONS  DU 21 DECEMBRE 2007 DE MR LE JUGE DU TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS SAISI EN   REFERE

                             PAR CES MOTIFS

Statuant par mise à disposition au greffe, par ordonnance contradictoire et en premier ressort,

l/ Constatons l' accord des parties pour que l' intitulé du blog de M. PABOT soit dorénavant "point de vue personnel sur le SNETAA":

2/ Laissons à chacune des parties la charge de ses propres dépens ;

3/ Déboutons pour le surplus plus ample ou contraire ;

4/ Rappelons que la présente décision est exécutoire de plein droit.

Fait à Paris le 21 décembre 2007

Le Greffier

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EGUIN,

 

Le Président,

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Jacques GONDRAN de ROBERT

 

 

 

Rédigé par/B.PABOT

PS/ En application de l' accord, le titre du blog sera donc dorénavant

modifié

 

 

 

 

 

 

samedi 5 janvier 2008

PAS DE TREVE DES CONFISEURS POUR LA MISE AU PAS D’UNE INFORMATION LIBRE

.

Pour avoir fait état, dans le présent BLOG, des choix du Bureau national du SNETAA du 11 décembre 2007 en faveur du développement des Bacs professionnels en TROIS ANS (débat public national initié par le MINISTRE de l’Education et ouvert par les Recteurs dans de nombreuses académies), son responsable s’est vu le 17 décembre traîner en justice, en urgence de référé, par la direction de ce syndicat.

Rappelons qu ‘au demeurant ce syndicat a été le sien sans discontinuer pendant 39 ans.

Rappelons également qu’un protocole de discussion a été signé, dés le surlendemain, par le SNETAA ,accompagné du SNALC et aux cotés des traditionnels fervents de la politique contractuelle que sont le SE-UNSA et le SGEN-CFDT.

L’audience s’est tenue le 19 décembre 2007, la décision du juge a été rendue le 21 décembre.

L’auteur de ces lignes s’est ainsi vu réclamer un retrait de publication, et des sommes d’argent vertigineuses, comme si cette tentative de mise à genoux financière de particuliers militants pouvait être considérée comme de grande hauteur syndicale.

Cette tentative serait-elle de nature à pallier l’inexistence d’ arguments audibles contre la liberté démocratique d’informer les mandants d’un syndicat sur les choix de leurs élus ?

On trouvera ci dessous les demandes du SNETAA soumises à la justice.

PAR CES MOTIFS

Vu les dispositions des articles 809 du NCPC et 1382 du Code Civil,

Ordonner à Monsieur!PABOT, sous astreinte de 3.000Euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir :

- de faire disparaître de son blog et de tous sites dont il a la maîtrise, tous commentaires et
toutes référencés au texte litigieux, ainsi que toutes reproductions totales ou partielles du
même texte,

- de publier pendant un mois, en première page de son blog, le droit de réponse du SNETAA.

Ordonner à Monsieur PABOT de cesser, sous astreinte de 3.000 Euros par jour de retard à compter de l'ordonnance à intervenir, d'intituler son blog ou tous sites dont il a la maîtrise « Points_de_vue_Snetaa ».

Sous la même astreinte, ordonner que la dénomination dudit biog ou de tous sites dont il a la maîtrise, ne pourra plus comprendre les termes « SNETAA » ou « Syndicat National de l'Enseignement Technique Action Autonome ».

Condamner Monsieur PABOT à verser SNETAA la somme provisionnelle de 10.000 Euros à titre de dommages et intérêts.

Condamner Monsieur PABOT à verser au SNETAA la somme de 3.000 Euros sur le fondement de l'article 700 du NCPC, ainsi qu'aux entiers dépens.

SOUS TOUTES RESERVES

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Selon la défense, respectueuse de la trêve des confiseurs, exception faite de l’accord réalisé entre les parties pour ajouter le terme de « personnels » dans l’appellation du blog « Points de vue SNETAA », le SNETAA aurait été débouté de ses demandes.

Précisons également que la défense avait proposé en juin 2007 la possibilité d’une modification limitée du titre du blog, de sa propre initiative et l’avait consigné dans son mémoire devant la Commission des Conflits du syndicat.

Sans écoute réelle de ladite commission.

Y aurait-il eu quelque part une trêve des confiseurs ?

 

Bernard.PABOT